Anarcosoufisme

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Dans les temps qui courent, où les démons ont infiltré toutes les religions, tous les groupes à prétention ou aspiration spirituelle, ont ne peut que poser des actes de résistance, pour essayer de transmettre des éléments qui peuvent être éventuellement utiles aux chercheurs indépendants. Dans le soufisme on appelle le chercheur spirituel Salik.

Je ne m’adresse pas donc aux « murids », qui désigne les diciples d’un guru. Le terme soufi ne désigne pas quelqu’un qui suit la voie du soufisme, mais quelqu’un qui a atteint la fusion divine, le Fana, où la « dissolution ». Il est passé par la mort spirituelle. L’adage soufi est « meurt avant la mort et ressussite maintenant ».

Mon propos n’est pas de créer une secte, ni une tarika, mais de partager certaines de mes pratiques et réflexions, confrontations avec le monde démoniaque avec certains qui s’y interressent. Pas au monde démoniaque, mais comment le transcender. Comme tout ce que je fais et pense, cela ne correspond à rien d’officiel, ni à un système qui existe. Je tiens à transmettre des notions anarchistes spirituelles, ce qui veut dire « ne se soumet à aucune hiérarchie, aucune autorité, défend la liberté de penser et l’auto responsabilité ». Comme disait Lao Tzeu, celui qui suit la loi intérieure n’a pas besoin de loi extérieure. Ceux qui ne peuvent pas suivre la loi intérieure ont besoin de lois extérieures. L’être spirituel fondamental, interne ou âme, est la loi intérieure, en unité avec l’âme causale, que les gens appellent dieu, mais avec toutes leurs interprétations. Comme disait un soufi, le dieu n’est pas l’image que vous en avez. Ce que vous croyez ou imaginez sur dieu et la vérité ce ne sont pas les mêmes choses.

Le soufisme ne cherche pas à vénérer dieu , dit qu’on ne peut connaître quelque chose qu’en devenant ce qu’on veut connaître. C’est un mode de connaissance par identité. Les pratiques servent à dépasser la conscience « sujet-objet ».

Le soufisme est né en Perse. Selon le soufi que je connaissait, il est la continuité du Zoroastisme. Selon lui, le prophète de l’islam (Mohamed) a été adopté par une famille zoroastrienne et en a reçu la tranmission.

Dans ce cas le soufisme correspond à une forme d’islam ésotérique, interne et inconnu des religieux musulmans.

Il ne correspond pas non plus à ce que l’on trouve actuellement sous le terme soufisme , qui est en général récupéré par la politique et des forces contraires à la libération de l’âme. Les soufis en tant que communauté, ne se nommaient pas ainsi, mais « les gens de la vérité ».

Ils sont très méfiants en ce qui concerne l’infiltration démoniaque.

Les disciples des vraies tarikas, recevaient l’interdiction de cotoyer : des rois, des politiques, des riches en général considérés comme des serviteurs de Satan. C’est quasiment pareil que les Cathares.

Sauf que pour les Cathares, leurs pratiques ont été détruites avec tout enseignement, alors que pour le soufisme, les pratiques sont toujours pratiquées, même si la connaissance a été déformée par des infiltrations. On peut dire que la voie consiste à percevoir les couches subtiles du monde par des pratiques spirituelles, c’est le seul moyen de déjouer les pièges qui sont tendus par les démons. Si on ne les perçois pas, on ne peut pas échapper à leur influence ou à leur domination.

Comme certains historiens chercheurs l’on maintenant compris, il y a pas mal d’éléments anciens qui sont contenus dans le soufisme qui s’originent dans le shamanisme turco mongol.

Au point que les branches anatoliennes utilisent toujours des mots comme Tangri, pour désigner la divinité, qui est le même que le Tangrisme.Ce qu’on appelle actuellement chamanisme, qui provient des Bouriates et des Toungouses, est en fait le Tengrisme ou Tangrisme.

Le ciel est l’origine du terme que l’on retrouve en Chine et au Japon sous la forme Ten et Tenno est le fils du ciel. Le Tengrisme ou Tangrisme est toujours pratiqué chez les Bouriates, les Yakoutes, et en Mongolie.

De même le soufisme qui n’est pas dévié est encore pratiqué par des peuples minoritaires proches du Tangrisme, comme les Alevis, les Bektachis, les Ahl E Aqq (qui signifie littéralement les gens de la vérité, le vrai terme pour « soufis »). Pas plus que les Cathares ne se nommaient eux même « Cathares », mais bonshommes ou bonnes femmes.

Les éléménts shamaniques dans le culte d’Ali

Soufisme turco mongol

Dans les traditions des Alevis dont le nom évoque Ali, des Bektachis, et des Ahl e Aqq, connus en France par les enseignements de Nour Ali Elahi, plus connu sous le nom d’Ostad Elahi, se retouvent des cosmologies anciennes, pré islamiques qui remontent aux temps anciens du shamanisme turco mongol.

Ces éléments permettent de relier l’islam avec la nature et le shamanisme, et de sortir de l’ornière de l’intégrisme religieux, qui est une déviation de la spiritualité ancestrale.

On retrouve déjà dans certaines confréries soufies des Balkans, des rituels populaires qui conservent des éléments du culte solaire de Mithra. Comme le disait le soufi que je connaissais, le soufisme est l’héritier ou la continuation du zoroastrisme. On retrouve chez les Bektachi la lanterne ou la bougie qui garde le symbole et le pouvoir purificateur du feu sacré, prolongation dans le plan matériel de la lumière divine, souvenir du plan causal.

Il y a dans ces conceptions et dans le culte d’Ali, la transmission d’une connaissance spirituelle de la lumière et de sa manifestation dans le monde par l’incarnation de la divinité sous la forme d’un aigle, et de sa force sous la forme du lion, manifestée sous forme humaine par Ali, le gendre du prophète. Il devient l’incarnation de dieu et engendre une lignée de manifestations divines sous la tradition des imams cachés dans la culture chiite et des pôles( kutub) dans le soufisme sunnite.

« Parmi les saints – que Dieu soit satisfait d’eux tous – il en est qui sont des Pôles ; ce sont eux qui unissent en eux, de plein droit ou par substitution (bi-l-asâla aw al-niyâba), les différents états et stations spirituels ). Il arrive toutefois que l’on élargisse le sens du mot « Pôle » (Qutb) et qu’on l’applique à tous ceux qui sont les pivots d’une station spirituelle quelconque et qui seuls la possèdent dans sa plénitude à un moment donné. Il advient aussi que l’on dise d’un homme résidant en un certain lieu qu’il en est le Pôle. De même encore le shaykh qui préside une assemblée en est le Pôle. Mais le Pôle au sens technique du terme, sans autre détermination, est un vocable qui ne s’applique proprement qu’à un seul être à chaque époque qui n’est autre que le Recours suprême (al-Ghawth). »

-Muhyî al-Dîn ibn al-‘Arabî

soixante-treizième chapitre des Illuminations Mecquoises-

A noter que chez les Alevis Bektachis, on retrouve encore le nom de dieu nommé Tangri, comme utilisé dans le shamanisme altaïque et turco mongol.

On rencontre cependant, dans les parlers mongols orientaux :

Tangri et en bouriate Tengri à côté des formes trissyllabiques

ci-dessus notées. On a aussi la forme secondaire : Tegri.

TÁNGRI. ESSAI SUR-LE CIEL-DIEU DES PEUPLES ALTAÏQUES- Persee.

L’ornithomorphisme de l’âme est une notion des Turcs

« païens », qui demeure en substrat chez les Turcs musulmans.

Les textes, écrits au VIIIe siècle dans les régions appelées à

devenir la Mongolie, donnent les premières attestations de

l’âme-oiseau. Plus tard, nous voyons mieux de quelle manière

l’âme, avant son incarnation, est un oiseau, de quelle manière

elle le redevient après la mort. Chez les Kurdes, il est

classique de symboliser l’âme par l’image d’un oiseau qui

s’échappe à la mort hors de la cage du corps. On dit d’un

homme saint que « l’oiseau de son âme s’est envolée au paradis »,

comme on disait chez les Turcs qu’un grand « était devenu

gerfaut », « était parti en s’envolant ».

On retrouve cela dans les récits de transformation en oiseau de Haci Bektas Veli.

Devenir oiseau permet un accès plus direct au numineux. Toutes ces

représentations, à la fois turques et ahl-e Haqq, se concrétisent par les efforts des magiciens kurdes pour effectuer leur

transformation en oiseaux et par l’ornithomorphisme très

habituel des chamans de l’Asie centrale et de la Sibérie. Les

textes turcs musulmans sont encore pleins d’hommes-oiseaux.

La doctrine des Imams dans la tradition chiite, correspond à la tradition Indoue de la nécessité de la présence d’un être divin ou d’un maitre spirituel incarné pour accéder à l’illumination. En l’absence d’un être qui possède le pouvoir divin, le disciple ou chercheur ne peut accéder à la vérité, à cause des forces adverses qui règnent dans le monde.

C’est pourquoi, un livre sacré n’est pas suffisant et cela met en lumière la nécessité de recevoir la Baraka, la force spirituelle vivante.

Pour les courants ésotériques Chiites, Ali Ibn Talib était l’incarnation de l’ésotérisme, c’est-à-dire qu’il y avait le coran, et que l’aspect spirituel ne pouvait être transmis que par la personne d’Ali. Ils accusent que le courant Sunnite à fait croire à un faux coran, car il était beaucoup plus gros, et que seul Ali possédait la totalité du livre.

Cependant l’accès caché du sens du coran ne peut être atteint que par l’accès de l’âme à la conscience spirituelle. Ali qui a été assassiné, est donc considéré comme le guide de l’ésotérisme et son incarnation, qui a été assassinée par les agents démoniaques qui voulaient empêcher l’accès de l’humanité à la connaissance ou gnose.

Il est resté en tant que saint, l’Imam caché dans le monde spirituel, et l’archétype de la porte vers la vérité divine. A ce titre il est vénéré et respecté par les soufis comme par ses adeptes.

Les Alevis Bektachis suivent ces principes :

Ils mangent du porc.

Ils boivent de l’alcool.

Ils ne font pas de pèlerinage à la Mecque (ils ne suivent pas les principes arabes, qui sont issus d’une colonisation et ne sont donc pas spirituels).

Ils pratiquent le Sema dans des tekkés ( habitations communautaires anatoliennes), pas dans des mosquées.

Les hommes et les femmes sont égaux (ce sont des âmes).

Les hommes et les femmes pratiquent ensemble les cultes spirituels (ce qui est une pratique qui les a fait persécutés par les musulmans).

Ils ne pratiquent pas le ramadan, mais un jeûne pour l’anniversaire d’Ali.

L’enseignement d’Haci Bektas est considéré par l’ONU comme le précurseur de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Reflexion sur les critiques contre le culte des images d’Ali.

Les intégristes religieux critiquent le culte des image et de la personne d’Ali. On peut dire que les images ne font que représenter un archétype quasi shamanique, puisque dans le cas d’Ali, il y a de nombreuses légendes qui racontent comment un aigle est venu féconder sa mère avant sa naissance. On peut penser que les anges avec des ailes que l’on trouve dans le judéo christianisme, ont pour origine ces anciennes légendes de l’aigle soleil fécondateur d’un héros mythique. De même que les Yézidis nomment le paon l’ange paon, ce qui semble une simple variante de la représentation sous forme d’oiseaux des forces spirituelles créatrices issues du shamanisme turco-mongol. Les soufis et les adeptes d’Ali (Alevis) s’opposent aux intrusions politiques dans la spiritualité (atemporelle) et inversement. Cette laïcité s’appuie sur l’interprétation de la bataille de Kerbala en 680, où les troupes Omeyyades vainquirent les partisans d’Ali. Pour les Alevi Bektachi, cet évènement est l’une des premières formes d’intrusion du pouvoir politique dans la sphère religieuse. Leur version de cette bataille décrit les Omeyyades et Yazid avides de pouvoir et utilisant la religion comme un moyen pour maintenir leur autorité.

Ce système d’utiliser les religions dans un but politique est une constante dans l’humanité et le moyen d’empêcher l’humanité d’accéder à une véritable spiritualité.

Dans le soufisme comme dans l’Alevisme, les personnages religieux comme le prophète et Ali sont des archétypes de la réalisation spirituelle. Chez les anciens soufis, le disciple s’identifie à son maitre spirituel (le Pir) puis il fusionne avec le prophète, puis avec l’esprit divin (Kuduz, qui correspond au Saint Esprit des primos chrétiens ou à l’Aigle des shamans). C’est une façon de remonter dans les états de conscience, et non une soumission à une hierarchie extérieure et matérielle.

Comme l’interprétation religieuse ordinaire est en réalité matérialiste, les mystiques sont obligés de rester cachés et de pratiquer secrètement.

La conception des Imams cachés dans l’islam Chiite, est un exemple, le dernier Imam caché représente une force spirituelle qui reste sur terre mais demeure invisible. La conception provient des kaysanites, une secte ou groupe créé par un des fils d’Ali, Sayyed Muhammad ibn al-Hanafiya, il n’est pas mort mais occulté, c’est-à-dire invisible.

Né en 637. C’est lui qui est considéré comme le Madhi. Mais pour différents groupes, l’identité du Mahdi diverge. Pour les Ismaéliens, le septième Imam est Ismaël, le fils aîné du sixième Imam Ja’far al-Sâdiq (702-765).

Dans l’islam en général, il y a la conception que le Madhi réaparaitra avant la fin des temps, avant Jésus, qui vaincra l’antéchrist, après être apparu à Damas.

Vivant dans un monde invisible, il apparaitra à un certain moment.

Ces conceptions créent une certaine ambiance, et ne sont pas gênantes, sauf si elles deviennent manipulées,voire utilisées par des démons pour prendre l’apparence en astral de personnage religieux.

On doit pratiquer l’ascèse de façon détachée et pouvoir vider son esprit de toute mythologie afin de se concentrer sur l’esprit pur inconditionné.

Voici un texte de Persee sur les Alevis Bektashi, avec une différence à prendre en compte sur les termes utilisés dans cette étude : les Alevis Bektashi ne se considèrent pas comme des Chiites ni des Sunnites. L’enseignement d’Haci Bektas Veli est justement de ne pas diviser les humains. Il n’y a donc pas les « orthodoxes sunnites » et les « hétérodoxes Alevi Bektachis chiites ». D’autre part la plupart des conceptions Bektachi sont purement soufies et ne sont pas particulières.

J’ai consulté des Alevis qui contredisent le texte au sujet  du fait que l’on dit que l’ordre Bektachi accepte toute personne alors que les Alevis n’acceptent que des personnes nées Alevies. La réponse est que comme ils étaient persécutés, ils n’acceptaient pas de personnes exterieures, mais cela a changé  :

Texte Persee Alevi Bektashi

Ya Ali


UNESCO: Representative List of the Intangible Cultural Heritage of Humanity – 2010

Description: Semahs peut être décrit comme un ensemble de mouvements corporels esthétiques et mystiques dans une harmonie rythmique. Ils constituent l’un des douze services principaux des rituels  » Cem  », pratiques religieuses pratiquées par les adhérents d’Alevi-Bektaşi, système de croyance fondé sur l’admiration pour Ali, quatrième calife après le prophète Muhammed. Les semahs sont exécutés par des « ‘semahçıs » (danseurs de Semah), accompagnés par de fervents musiciens jouant du luth « saz » à long manche. Il existe diverses formes de Semah dans les communautés alevi-bektaşi de Turquie, chacune possédant des caractéristiques musicales et des structures rythmiques distinctes. Une caractéristique constante est l’exécution du rituel par les hommes et les femmes, côte à côte. Les rituels de Semah sont fondés sur le concept de l’unité avec Dieu dans le cadre d’un cycle naturel: les gens viennent de Dieu et retournent à Dieu. Il existe deux formes de Semah: «İçeri». Les Semahs sont exécutés en «Cems» uniquement parmi les adhérents dans le cadre des douze services;  » Dışarı  » Les semahs sont exécutés indépendamment des services pour promouvoir la culture de Semah auprès des jeunes générations. Les semahs sont le moyen le plus crucial pour la transmission de la tradition alevi-bektaşi. Toutes les pratiques, les motifs traditionnels et les enseignements sont transmis oralement, et des genres distincts d’art et de littérature associés à la tradition continuent de prospérer. De cette manière, les Semah jouent un rôle crucial dans la promotion et l’enrichissement de la culture musicale traditionnelle de la Turquie. Pays: Turquie © 2009