Introduction à la philosophie spirituelle du Phurba.

 

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shamanic Phurba

Le Phurba (sanscrit Kila) est un poignard rituel qui a commencé à être utilisé à Sumer et au Népal il y a environ 60000 ans. Les tribus Samoyèdes nomment l’étoile polaire « le clou du ciel », qui attache la tente céleste comme un pieu. Les Tchouktches et Koryaks la nomment « le vieux clou ». On retrouve ce concept chez les peuples Tatars de l’Altaï, les bouriates et les Soyots . Dépassant le milieu des cultures tribales nomades, on retrouve dans la société sumérienne la mention de clous de cuivre, G.Contenau dans son traité sur l’archéologie orientale cite : enfoncés dans les fondements de la terre, ces clous constituent une protection contre l’invasion des mauvais esprits. Ces esprits ne sont en mesure de pénétrer dans le logement à travers le sol, étant chassés par les pointes des clous.

Les statues gainées possédant cette forme ont probablement été considérées comme des talismans.

Même observation dans un livre d’André Parrot sur la civilisation de Sumer :Tous ces chiffres ont la même chose en commun : ils définissent presque toujours un point . Le point a une vertu efficace dans la construction des fondations où l’on essaie de clouer au sol les forces du mal, afin de les empêcher de nuire aux occupants ou aux propriétaires de l’immeuble. La construction de tous les batiments étant un acte grave qui risquait , si l’on ne faisait pas attention, de déchainer les forces obscures.

Le Phurba utilisé par les shamans Bon Jankri a émigré selon certains chercheurs au Tibet, venant de Sumer à travers l’Afrique du nord depuis la Mésopotamie et l’Inde.

Cependant il est plus probable que les fonctions magiques des clous et des pointes, que l’on trouve aussi dans les traditions populaires des guérisseurs européens, soit simplement une fonction magique universelle utilisée dans diverses cultures éloignées dans le temps et l’espace.

Le Phurba népalais s’origine cependant dans la vallée de Katmandu, où se sont réfugiés divers peuples pour échapper aux invasions musulmanes.

On trouve la mention du Kila (Phurba en sanscrit) dans le Rig Veda. Et il provient certainement du tantrisme hindou shivaïte qui est à l’origine des traditions tantriques  bouddhistes. Il est ensuite répandu dans les traditions du bouddhisme tantrique par Padma Sambhava.

La lame du Phurba, qui peut être en bois ou en métal, qu’il soit de type hindou ou bouddhiste, possède toujours la représentation des esprits de l’eau (le dragon) sur la lame, du soleil et de la lune.

Il est sculpté selon la tradition, avec un visage à 3 têtes pour les Phurbas bouddhistes, chaque visage exprimant un sentiment différent (à l’origine les 3 aspects de Shiva), alors que les Phurbas non bouddhistes peuvent avoir différentes sculptures, un animal comme le singe, ou un shaman en prière, etc…

La plupart des Phurbas utilisés par les shamans sont en bois. Un rêve ayant indiqué au shaman dans quel arbre il devait sculpter le Phurba. Cependant le Phurba peut aussi être transmis par le shaman à son fils.

Les shamans Bon Jankris ont eu à subir le fondamentalisme oppressif des bouddhistes. L’ancienne tradition du shamanisme au Tibet a été quasiment exterminée par les bouddhistes.

Le lama Chogyun Trungpa qui a voulu étudier l’ancien Bonpo au Tibet,  signale dans son livre le cœur du sujet  que les écris sur cette tradition on été manipulés et transformés par les bouddhistes pour dénigrer le shamanisme originel. Il a lui même puisé beaucoup dans les livres de Carlos Castaneda et les enseignements du mage Russe Gurdjieff son inspiration pour créer sa propre voie de spiritualité laïque.

Comme la plupart des shamans étaient des femmes, elles ont été tuées par les bouddhistes.

La femme étant considérée comme intermédiaire entre l’animal et l’humain , dans la doctrine bouddhiste. Selon cette religion, le mauvais karma de la femme ne lui permet pas d’atteindre l’éveil. Alors que le shamanisme considère la femme comme porteuse de la spiritualité et messagère des divinités de naissance, comme on le retrouve dans la tradition d’Okinawa et dans le shamanisme japonais.

En tout cas, personnellement la voie du Phurba m’est parvenue par le chemin de quelqu’un qui le présente comme une voie orientée sur le culte de la déesse , en particulier la déesse Kali, qui est aussi la parèdre de Shiva. Et relié à la culture du dragon et des serpents. Qui sont à l’origine des cultes trantriques de l’Inde , les Nagas.

 

 

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