Nouvelles religions et conservation des anciennes traditions.

Purification en vue de porter un Mikochi

Il y a de nombreuses « nouvelles religions » au Japon. Mis à part certaines « sectes » qui dévient grandement des anciennes sagesses de la culture japonaise, certains groupes sont cependant resté très proches de l’ancien Shinto, qui avait été falsifié par le gouvernement politique de l’époque Meiji, qui visait à instaurer un culte impérial afin de contrôler le peuple de façon autoritaire, refoulant toutes les anciennes traditions populaires.

J’ai étudié et eu des contacts avec la plupart, du moins ceux qui présentent le moins de déviation possible.

Une des plus proches du Shinto, bien qu’il soit muté en une forme de quasi monothéisme, est le mouvement Konkokyo.

A la différence du shinto, qui est pratiquement local, non intellectuel, restant dans le terroir, la nouvelle religion Konkokyo ressemble toujours à la tradition tout en arrivant à se faire connaître dans le reste du monde. Elle parait simple à l’extrême, mais cependant possède finalement un cœur essentiel qui transmet quelque chose de vrai issu de la culture japonaise.

Il ne faut pas perdre de vue que le shinto constitue une forme de shamanisme la plus authentique, qui ne comporte aucun des risques que l’on trouve dans les pratiques new age, et les formes louches des shamanismes indiens qui font prendre des substances dangereuses sous prétexte de purifier les gens.

Le shinto est simple et constitue la façon la plus directe de purifier de l’ego et de ce qui sépare du vrai monde spirituel et de la nature. De plus contrairement aux shamanismes amérindiens, il ne risque pas de provoquer la possession des gens par des forces maléfiques ou de tomber sous la coupe de sorciers envoûteurs.

Konkokyo avait été créé par un guérisseur japonais paysan, Kawate Bunjiro, après un étrange parcours, puisqu’il avait d’abord été confronté à une malédiction issue des traditions taoistes véhiculées par le shugendo et la géomancie. Qui a détruit une grande partie de sa famille et il a lui même failli y passer.

Finalement il a transmuté la malédiction en bénédiction, en communicant avec une divinité qui devint avec le temps, la deité suprême de l’univers. Le même schéma se reproduira avec d’autres shamanes au Japon, dont Miki Nakayama, Nao Deguchi et Kitamura Sayo. Comme si ils incarnaient une transmutation de forces négatives, liée aux mutations des anciennes traditions spirituelles et à leur destruction, en même temps que la culture japonaise subissait une totale transformation et une dislocation spirituelle.

 

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