Max Théon

D’avoir lu la présentation de Max Théon sur Wikipedia, je suis assez stupéfait de lire ce type d’absurdité : Cette tradition cosmique présente de grandes similitudes avec les écrits de Sri Aurobindo et Mirra Alfassa.

Cette proximité s’explique du simple fait que ces gens se connaissaient, et que Mirra Alfasa, qui avait longtemps séjourné chez les Théon à Tlemcen bien avant de devenir la femme de Sri Aurobindo et d’être connue sous le nom de La Mère, avait même été initiée par Alma Théon au « channeling ».

À partir de 1920 c’est Louis Themanlys qui s’occupera du mouvement, lui donnant une orientation plus artistique.

Ayant moi-même bien connu la dernière initiée du dit groupe cosmique, et ayant étudié et pratiqué durant des années l’enseignement de Mirra Alfassa, et d’Aurobindo, je dois dire que déjà , Mirra Alfassa n’étais pas la femme d’Aurobindo, qui étais un très grand , sûrement le plus avancé des yogis hindous qui ait existé sur la terre. Ils étaient certe très proches, en tant que Mirra Alfassa, était devenue la mère d’ashram. C’est-à-dire, qu’elle dirigeait les aspects physiques de l’ashram, qui est l’équivalent d’un monastère. Il s’agissait d’une relation spirituelle et platonique, rien d’autre.

D’autre part, Madame Théon ne pratiquait pas le channeling ! Ce terme New Age n’a rien a voir avec ce groupe, qui provient de sociétés d’occultistes très avancés.

Madame Théon était une médium anglaise, et poétesse. Elle pouvait s’extraire de son corps physique, et explorait les plans constituant les aspects spirituels de l’univers. Mirra Alfassa de même avait cette capacité depuis son enfance.

Le Groupe Cosmique, était une tentative, dans un style extrêmement vieillot, d’exprimer des réalités qui se situent au-delà du monde physique, qui étaient parcourus réellement par Alma Théon en dehors de son corps. Je veux préciser que le nom « groupe cosmique » qui parait bizarre, ne sonnait pas de la même façon pour des personnes du 19ème siècle.

A noter que Max Théon, avait quasiment rénoncé à essayer d’enseigner quoique ce soit. Il était carrément dégoûté du bas niveau des occultistes en occident, raison pour laquelle il a fermé totalement et fait disparaître la fraternité de Louxor. Des gens comme Blavatsky avait été expulsés du groupe pour cause de malhonnêteté. Après ces histoires, Théon n’a plus essayé de transmettre d’enseignements, n’ayant plus personne qui ait le niveau. Par contre les requins qu’il avait rejetés ont créé des sectes qui sont finalement à l’origine de toute la souppe qu’on voit se déverser sur le monde actuel.

Quand au fils Themanlys , il étais encore vivant lorsque j’ai eu l’occasion d’étudier le dernier moment du groupe cosmique, il était en contact avec la dernière initiée, une dame très agée, et il vivait à Jérusalem, comme kabaliste. Ils communiquaient par téléphone et par dédoublement.

Mirra Alfassa a rencontré Max et Alma Théon, parce que le frère de Mirra Alfassa, Matteo Alfassa, était ami  avec Pascal Thémanlys. Mirra Alfassa était peintre et mariée avec Henri François Morisset,  lui-même peintre et fils du peintre plus connu Henri Morisset.

Mirra Alfassa intégra l’académie Julian à Paris. En 1898, Henri Morisset fut invité à Pau pour peindre une œuvre murale dans l’église de Saint Jacques le Majeur, où il peignit des scènes de la vie de Saint Jacques.

La conception du groupe Cosmique rejoint celles des Cathares Bogomiles.(si on les considèrent au niveau spirituel, au delà de doctrines religieuses).

Car elle est basée sur le fait que lors de la création de l’univers, dans les plans occultes, une entité créatrice a dévié et a elle même formé les plans astraux et physiques, qui se trouvent colonisés par des entités hostiles à l’évolution spirituelle humaine.

Aurobindo était d’accord avec ce fait, bien que lui même attribuait une autre cause à cette situation.

La notion de transformation de la matière que l’on trouve dans les tentatives de Mirra Alfassa, devenue la mère d’ashram de Pondichéry, était déjà contenue dans le travail du groupe cosmique, qui s’efforçait de réaliser ce qui était nommé « la grande traversée », soit de créer un pont entre le monde matériel, traverser le plan astral, nommé autrement, où régnaient les forces hostiles, qui entouraient le monde physique, et par cela empêchaient les humains d’entrer en contact avec les véritables forces spirituelles « divines » originelles.

La grande traversée était un processus de transformation intérieure, qui en reliant le plan spirituel au plan physique, devait réparer la création qui avait été modifiée par les entités hostiles, ce qui expliquait la raison de la mort et du décalage entre la vie et le monde spirituel, qui est autrement sans sens ni explication. Car si la divinité existe, il n’y a pas d’explication pour l’état du monde réel actuel.

Le résultat de la réussite de la grande traversée aurait été que la matière du corps physique deviendrait immortelle, spiritualisée.

Ce qui m’avait troublé à l’époque, c’est que le groupe faisait réellement descendre des êtres de lumière dans le corps des gens. Ce que je pouvais observer.

Extrait de l’écriture de Pascal Thémanlys sur Alma Theon :

Mme Théon, née dans les brumes du Nord, et qui aimait les qualités psychiques des enfants sensitifs de l’Irlande, avait souffert dès son enfance de la manière dont les croyances, les codes et les coutumes restreignaient les possibilités de l’amour, de l’intelligence et de la vie.
Lorsqu’elle put approfondir la Tradition authentique, l’image que les sectes et la politique en avaient tracée lui parut inadmissible. Etant donné que les cercles initiatiques d’où était sorti Max Théon considèrent toujours avec indifférence ou sympathie les doctrines qui déforment plus ou moins leurs enseignements, il est probable qu’il faut attribuer à la calme et douce
pensée de Mme Théon certains aspects combatifs, railleurs et véhéments de l’exégèse cosmique. Celle qui était toute compassion envers les individus ne ménageait pas les fausses croyances, appliquant cette belle définition de la tolérance : le respect des personnes dans la lutte des idées.
Le but de l’initiation hiérarchique à travers les âges est « la suprématie et l’infinitude de la Cause sans cause et la restitution de la terre à l’homme, dont elle est, par ordre divin, l’héritage et le foyer. La Philosophie Cosmique se propose de démontrer à l’homme psycho intellectuel quels sont l’objet et le but véritable de la vie, et jusqu’à quel point les capacités humaines peuvent être développées, de rappeler à l’homme psycho-intellectuel qu’il est d’origine divine, qu’il porte en soi la divinité, et qu’il a mission de la manifester. »

Cependant, ayant moi même lu la façon d’écrire de Max Théon, il me faisait penser aux hommes de l’époque anarcho syndicaliste et anticléricale ,de la fin du 19ème siècle. Il a écrit un roman policier ésotérique, très interressant, l’intrigue étant la manipulation par des moyens occultes, par lesquels l’église provoquait de fausses apparitions de la vierge, en utilisant une jeune femme hypnotisée,en transe, en la faisant dédoubler apparaissait son corps subtil à distance, que les gens prenaient pour une apparition de la vierge.

Cette impression est confirmée par ce passage de Thémanlys :

Max Théon sympathisait avec tout mouvement d’émancipation humaine, nationale ou sociale, et son cœur battait pour tous les opprimés, mais avant tout pour les « sensitifs » dont la Société méconnaît les besoins et les capacités et qui, dans des conditions meilleures, seraient si précieux au progrès collectif. Ceux qui ont vécu dans l’atmosphère de Tlemcen en ont gardé un intarissable souvenir. Le Maître aimait contribuer aux travaux de réparation de sa demeure, comme maçon, peintre ou serrurier, et à la culture des arbres fruitiers et des rosiers de son jardin qu’il greffait savamment. Le Maître, qui recherchait les sensitifs, considérait qu’ils étaient nombreux parmi les artistes et se plaisait en leur compagnie. Il pratiquait lui-même le chant et d’autres arts.

Pouvoirs spirituels
Les Maîtres discernaient les couleurs des auras de leurs néophytes. on sait que l’aura est une
luminosité extérieure qui exprime les qualités intérieures de l’être. Ils descernaient aussi le passé des âmes et les constellations spirituelles auxquelles elles appratenaient. ils pouvaient développer les dons psychiques les sens latents de leurs néophytes, et les aider à incarner de nouveaux degrés de leur être ou même à réincarner des individualités du passé.
(L’hérédité peut être la base physique de la réincarnation).
Le Maître, passionné d’expérimentation, fit des expériences avec des centaines de sensitifs.
Ces expériences lui prouvèrent qu’il y a entre la veille et le sommeil d’innombrables degrés de passivité plus ou moins profonds qui correspondent aux degrés d’être de l’homme lui même et aux différents degrés du cosmos. Dans une sorte de sommeil magnétique, sous la direction d’un Maître initié, un sensitif peut s’éveiller dans des états d’être différents qui le mettent en rapport avec des états supérieurs du cosmos dont l’homme contient en lui, en
germe, tout au moins, les divers régions spirituelles. ( note : j’ai retrouvé le même principe dans l’ancien shinto japonais, ces pratiques étaient utilisées par les anciennes Mikos, prétresses shamanes).
Le repos des sens physiques et de l’intelligence active permettent l’exploration des mondes,
la réception des forces cosmiques, l’incarnation de parties de son propre être et avant tout le développement de sens spirituels, tels que la voyance, l’audience, la prédilection, etc.
Le Maître considérait comme possible de réaliser des matérialisations permanentes de forces spirituelles qui, étant visibles à tous, puissent convaincre un vaste public de l’existence des réalités invisibles mieux que des discussions philosophiques.

Mme Théon quitta la terre au cours d’un voyage qu’elle avait voulu accomplir seule dans l’île de Jersey. Le Maître, en proie à une grande dépression, fut alors soigné par mes parents pendant plusieurs mois en Normandie. Il dit qu’il ne devait plus avoir aucun rôle dans le Mouvement, n’étant plus en dualité d’être (note : en couple, dans le jargon du G. Cosmique). Et il ajouta : « Hélas, désormais le monde va s’obscurcir ». C’était en 1908.

L’œuvre cosmique expose toute une science des degrés de la substance cosmique. Cette science, voisine de la science des nombres, a été méconnue par les exégètes officiels des diverses religions dans l’interprétation biblique. Ceux-ci s’efforcent en effet d’envisager des rapports entre le Sans Forme et l’état physique, en négligeant des séries de degrés invisibles ou en les confondant entre eux. Ils prêtent les qualités d’un nombre à un autre nombre et prennent des manifestations formelles pour le Non-Manifesté.
Dans le conflit permanent qui oppose la morale du devoir et la morale du plaisir, la morale cosmique de la joie collective concilie les points de vue.
Dans la littérature cosmique, la vie contemplative et les dons psychiques en action présentent un aspect inattendu de la réalité humaine.

« Le cosmos de l’Etre, c’est-à-dire de ce qui a la forme, est décrit comme consistant en quatre classifications, mais il faut comprendre et que ces classifications sont adoptées afin de simplifier, et qu’il n’y a aucune division entre les quatre états. Celui qui examine l’arc-en-ciel et le rayon, verra qu’il n’y a entre les couleurs visibles aucune division, mais que chacune se
confond graduellement et se perd dans les couleurs voisines.
« Des quatres classifications, celle des Matérialismes est la plus dense ; celle des Ethérismes vient ensuite par ordre de densité ; celle des Pathétismes est la troisième, et celle des Occultismes est la plus raréfiée.
« Ce que la Tradition Cosmique appelle l’Impénétrable ou l’Indivisible est ce que les religions appellent souvent l’Esprit pur, sans forme ni similitude. La Tradition Cosmique se sert aussi de l’appellation : le Sans Forme. Il est dit que l’Impénétrable est voilé par le nucléolinus, les Occultismes par le nucléolus, et les Pathétismes par le nucléus. Ces mots ont été employés comme étant les plus convenables, parce qu’ils sont souvent utilisés par des physiciens et
des biologistes avancés tels que Haeckel.
« La Tradition enseigne que les sept Attributs ou qualités inhérentes d’Adonaï furent manifestées dans la région intermédiaire entre les Ethérismes et les Matérialismes, dont la Terre et les autrs mondes célestes aux constituants semblables, forment la partie la plus dense. (note : on voit que ces conceptions s’originent dans la cabale hebraïque, Max Théon étant issu du milieu Hassidim polonais, certainement Baal Shem Tov  , lui même originaire de Valachie).
« Ainsi, dans le vaste et magnifique ordre cosmique, les forces manifestées de l’Impénétrable et Indivisible perméent toute la substance depuis la plus radiante et la plus raréfiée jusqu’à la plus dense, en proportion de sa capacité variée de réception et de responsion.
« La capacité de réception et de responsion de chaque être individuel est proportionnée à son évolution ou développement. La connaissance que les mêmes forces sublimes, glorieuses et bienfaisantes sont en nous et autour de nous, et que chaque pas dans la voie de l’évolution nous unit plus étroitement au Divin Habitant et à l’Etre Universel, qu’il n’y a aucune barrière ou limite à notre perfection individuelle, parce que nous somes capables d’être le vêtement et la manifestation de la lumière céleste, est extrêmement exaltante.
« Comme l’a dit le Royal Chaldéen : « Les cieux chantent la magnificence de Dieu et le firmament manifeste l’oeuvre des attributs, des émanfations et des formations ». Cette manifestation de l’Unique dans et par le Multiple, est l’alpha et l’oméga, la plus puissante raison d’être de la Charité universelle, puisque du plus parfait jusqu’au moins évolué des êtres, chacun peut déclarer avec justice : Nous et notre Dieu sommes Un ».

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