Différence entre spiritualité et croyance.


Papa-de-Shigeru

La spiritualité est l’expérience de  l’identité du moi individuel avec la conscience originelle. Ce n’est en réalité pas une expérience, dans le sens ou pour que quelque chose soit une expérience, au niveau sémantique, il faut deux pôles, un individu séparé du reste qui perçoit et entre en contact avec un objet ou un autre individu.

Toute la société occidentale est basée sur cette conscience de l’identité individuelle. La psychologie se base sur la construction du « moi » social.

Elle appelle « pathologie » toute différence de fonctionnement du moi qui ne reste pas dans un certain champ conventionnel de référence.

La véritable identité n’est cependant pas ce moi social. Il existe une entité dans la personne qui est différente de la personnalité de surface.

Chez certains individus, leur être interne se dissocie facilement de leur moi extérieur. En réalité le moi extérieur n’est pas la véritable identité, et si l’être spirituel est avancé, l’âme se sépare de la personnalité extérieure. C’est à cette occasion que l’on peut prendre conscience que l’on est composé de différentes couches d’être.

Tout le long de mon enfance, chaque soir, mon être interne se séparait du reste. Ce qui m’a fait prendre conscience que mon mental, la pensée, que je pouvais croire être en moi, était en réalité en dehors de moi, puisque la base de mon moi, s’éloignait la nuit, et se séparait aussi bien du corps que du mental. Comme un disque quand on éteint l’électricité, continue à émettre un son, qui diminue de plus en plus, et finit par disparaître, mon mental semblait s’éloigner de moi à mesure que le fondement de mon être s’en éloignait.

D’autres phénomènes se produisaient que je ne comprenais pas étant enfant, car mon moi d’enfant se dissolvais et mon vrai « moi » l’observait de l’extérieur. Mon identité se déplaçait, et finalement j’expérimentais sans le savoir toute la panoplie d’états qui sont décrites dans les Yoga sutras de Patanjali, sans rien en savoir. Plus tard, lorsqu’ adolescent j’ai étudié ces sujets, je me suis aperçu que ces états étaient décrits en détail dans ces sutras, et que c’était le déplacement de la conscience de l’âme dans les corps subtils.

Il y  avait même des descriptions très précises, comme « yoga chitta vritti nirodha », le yoga est la cessation des perturbations du principe pensant. C’était juste ce qui m’arrivait lorsque j’étais petit, tous les soirs, et je voyais l’espace disparaître. Ou j’avais l’impression de grandir, tellement que j’avais peur de me cogner contre le plafond.

Je voyais de la lumière blanche remplir ma chambre. Or étant enfant, je n’y comprenais rien, le monde était séparé en deux, une partie diurne où j’essayais de m’adapter au monde des adultes, et la nuit où j’entrais dans d’autres dimensions, un autre monde incompréhensible.

J’ai fini par découvrir, à la fin de l’adolescence, qu’il existait des gens qui connaissaient ces états, dont je ne trouvais à l’époque des explications que dans l’hindouisme.

Puis j’ai rencontré un guru hindou, qui était « réalisé » depuis son enfance (en réalité ce type de personne ou d’âme ne fait que revenir dans ce monde pour tirer des âmes vers plus de conscience). En pratiquant une forme de méditation traditionnelle, avec un guru qui peut entrer en contact avec ses disciples et intervenir dans leur méditation directement, où que se situe le disciple physiquement. Il n’y a pas d’espace dans le monde intérieur. Quelque années de méditation formelle, et j’ai expérimenté le nirvikalpa samadhi, tant cherché par les Yogs en général, où le moi incarné dans le corps est en quelque sorte arraché et se fond dans la conscience cosmique.

A ce moment là il n’y a plus ni corps physique, ni corps subtils, ni individualité. Le moi individuel disparaît et devient le tout, une force qui est partout et nulle part en même temps.

C’était tellement fort que j’ai mis plusieurs mois à me ré individualiser assez pour vivre dans la société. Cependant, cette expérience si absolue m’avait montré que cet état n’a rien d’humain, et je me posais la question du sens de l’individualité et de la vie sur terre. J’avais 23 ans, et je me posais la question de ce que j’allais faire sur cette planète.

J’ai alors rencontré un soufi (le terme soufi ne désigne qu’un être qui a « réalisé »  l’état qui est le but du soufisme, soit le FANA, qui est la dissolution de l’âme dans la divinité, et non un adepte d’une doctrine). Lui il avait l’expérience du Samadhi, et d’ailleurs il voyait qui avait cette expérience.

Donc lorsque j’étais présent, il parlait du Samadhi, car en fait il parlait par rapport aux gens qui étaient autour de lui.

Selon lui, on pouvait avoir un état qui combine la conscience individuelle et la conscience cosmique. Il vivait dans cet état, mais pour moi ce n’était pas une solution, car je voyais bien que ce qui lui plaisait, c’était de se retirer dans une grotte et d’entrer en samadhi.

Aurobindo abordait ces sujets, connaissant lui-même toute la panoplie possible des états mystiques qu’on peut vivre, et il en concluait qu’on n’était pas obligés de casser la même noix pour l’éternité, c’est-à-dire que OK les anciens avaient exploré  les dimensions spirituelles accessibles à l’humain, mais cela ne signifiait pas que c’était la seule chose à faire pour l’humanité.

Que l’humain étant une expression de l’infini, il pouvait avancer à l’infini. Et qu’on évaluait mal le niveau véritable de ce qu’on croyait être la spiritualité.

Après moultes expériences, j’ai fini par trouver dans les sociétés animistes comme le shinto japonais des états de conscience qui étaient inconnus des autres sortes de spiritualités. De plus leur conscience de la nature en tant que vie infinie, m’a fait accepter des choses que je ne pouvais intégrer avant.

Les mondes intermédiaires, qui sont assez méprisés dans la spiritualité hindoue, ouvrent en fait une vision bien plus vaste et complète que la dissolution de l’individualité dans ce que je considère comme la Matrice de la conscience.

On donne trop d’importance à certaines expériences spirituelles, et on passe à coté de choses fondamentales et extraordinaires.

Le monde dit « animiste » est en fait l’infini manifesté dans l’infiniment petit, on peut percevoir les esprits qui sont en fait de taille très petite. Vu que dans ces plans, il n’y a pas d’espace matériel, c’est plutôt la multidimensionnalité qui représente l’infini. C’est l’infini dans les possibilités infinies d’existence. On retrouve l’expression de cette dimensionnalité animiste dans la plupart des mangas japonais.

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Les boules sont des âmes. En japonais Tama signifie à la fois boule/sphère et âme.

Cette conscience animiste est pour moi la clé du futur de l’humanité, car elle contient la capacité de l’humain de vivre avec toutes les dimensions de la nature et de s’harmoniser avec. Il n’y a pas de but précis dans l’univers, tout est possible, et l’humain n’est qu’un des esprits qui s’incarne sur la terre.

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Le fait d’avoir un corps humain, n’est pas un stade de l’évolution. Il s’agit d’expériences que font les esprits qui viennent sous une forme humaine, momentanée. Il existe des esprits plus avancés, qui ne se sont jamais incarnés sur terre.

Tout le monde n’éprouve pas les mêmes besoins. L’univers est plus grand et plus complexe que tout ce que l’on peut imaginer.

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Les illustrations sont tirées du Manga de Shigeru Mizuki  NonNonBâ , signifiant mémé qui prie, qui raconte l’enfance du mangaka. Une vieille femme Ogamiya (shamane prieuse) qui connaissait le monde invisible et lui enseignait, pauvre, fut adoptée dans sa famille.

Bien que cela semble imaginaire, en réalité les anciens japonais ont de telles grand mères et arrières grand mères, qui vivaient dans le monde des esprits autant que dans celui des qui se croient humains. Ma belle mère a dit à ma femme, quand elle était petite, en voyant dans la journée un papillon de nuit, que c’était un ancêtre qui venait en visite sous cette apparence.

 

 

 

 

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