La non interprétation de la réalité

 

L’état dont j’ai parlé dans l’article précédent, en sortant de transe, est  la base de la culture japonaise.

On le trouve d’ailleurs exprimé clairement dans un des romans de l’écrivain Haruki Murakami, « l’incolore Tsuruku Tazaki et ses années de pélerinage » (bien que   » le sans couleur »pourrait être une meilleure traduction).

En étudiant la tradition du Shinto, j’ai découvert cet état fondamental, que j’ai nommé « la non interprétation de la réalité ». Il s’agit d’un état naturel pour les japonais, et ils n’en ont pas conscience, comme les poissons n’ont pas de recul pour savoir qu’ils sont dans l’eau. En occident, on a mal interprété cet état, et les « intellectuels » ont cru que cela venait du Zen. En réalité cet état provient de la conscience animiste.

Murakami Haruki écrit ses livres en entrant dans cet état, mais beaucoup de romanciers entrent en transe aussi dans les autres cultures. Ils n’en ont pas conscience, bien que de plus en plus d’écrivains en parlent. Henri Vincenot en parlait, disant que les personnages l’obligeaient à écrire leur histoire.

D’autres écrivains expliquent la même chose. Cela fait penser qu’en transe, ils entrent dans un monde parallèle, dans lequel ils rencontrent des êtres réels, bien que dans un corps subtil. Quand ils sortent de transe, ils croient avoir imaginé, ce qui est un processus naturel qui ferme le contact avec les autres mondes. On peut avancer, et avoir le contact à « l’état de veille », ce qui veut dire qu’on est naturellement tout le temps en transe. Pour explorer certains états, on a cependant encore besoin de plonger dans d’autres états, pour aller encore plus loin. (Par exemple en voyageant couché).

La plupart des gens qui lisent Murakami de même, n’ont pas conscience que ce qu’ils aiment, c’est l’ambiance, c’est à dire qu’en lisant, l’auteur leur fait suivre son état, où il ne met aucune barrière dans sa perception de la réalité.

Cela se fait naturellement. Certaines personnes n’aiment pas cet auteur, car ils ne peuvent pas passer à travers les barrières psychiques. Il ne parle jamais de spiritualité, ce n’est pas un concept, mais tous ses livres sont dans cette ambiance.

Dans sa vie personnelle, il lui arrive la même chose que dans les livres, c’est à dire qu’il n’y a pas de barrières à la réalité.

Ce n’est pas de la fiction. Il a raconté il y a déjà longtemps, son experience, alors qu’il tenait un bar de jazz. N’ayant pas d’argent pour payer une traite, il a dans la nuit, en marchant sur un trottoir, trouvé la somme dont il avait besoin, par terre.

Il a aussi entendu un jour son chat parler, un chat femelle nommé Muse (siamois), qui avait des pouvoirs shamaniques. Lorsqu’il raconte cela, bien sur, les occidentaux ne peuvent plus suivre.

On trouve la même chose dans le cas de Carlos Castaneda.

Quelqu’un qui voulait tourner un film sur ses romans,  tout en pensant que les personnages des sorciers étaient surement fictifs, a commençé a avoir mal au ventre lors d’une rencontre avec Castaneda, qui lui a dit que les sorciers ne voulaient pas qu’il fasse le film. Un examen médical a révélé une boule dans le corps. Il s’est rendu au Mexique pour demander l’aide de la guérisseuse shamane Pachita. Qui opérait les gens avec un grand couteau, sans anesthesie. Pensant que c’était fictif, une sorte d’illusion hypnotique, le  malade a vu Pachita lui couper le ventre avec son couteau, et il a eu mal, alors qu’il croyait que c’étais impossible physiquement, vu qu’il l’avait vu retirer des tas d’objets du ventre de ses patients, et refermer instantanément leur ventre, sans cicatrices.

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Haruki Murakami

Document sur Pachita (  Dona Bárbara Guerrero) et sa maison – A noter que les mexicains étant catholiques, le doc se présente comme un reportage sur la sorcellerie, alors que la shamane se réfère à l’empereur aztèque Cuautehmoc, qui n’ayant pas fini toute sa tache sur terre, aide, en prenant possession et ceci pendant 50 ans de Dona Pachita, en guérissant. Cela n’a rien à voir avec les démons.

Selon le chercheur Lorenzo Leon Diez, les images du codex de Florence , où se trouve un prêtre aztèque qui ouvre un corps avec un couteau, est en fait une opération effectuée par un shaman , identique aux opérations de Pachita(faussement interprété comme relatant un sacrifice humain) : Lien images

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