RILAJ MAM, alias San Simon


Dans la tradition Maya, Rilaj Mam est un Nawal . Le terme Nagual, une variante du mot,  a été popularisé par les ouvrages de Carlos Castaneda, par ses récits qui sont en partie composés de fiction romanesque et d’éléments méso américain anciens. Nawal ou Nagual, désigne un être fantastique et de grand pouvoir mystique, ou un homme qui a fusionné avec un des grands pouvoirs spirituels de la mythologie/cosmogonie Maya.

Le terme a un rapport avec le monde du double et de la transformation, un thème que l’on retrouve dans toutes les vieilles traditions, dans lesquelles l’être humain en fusionnant avec le pouvoir spirituel, manifesté par une divinité particulière, peut se transformer en animal.

L’animal étant le monde de la puissance non mentalisée, et donc la vitalité de l’univers en action.

Bien que San Simon soit un personnage qui est adopté et utilisé dans le Hoodoo/conjure, nord américain, il est fondamentalement une divinité pré colombienne des anciens Mayas de la région au sud et sud Ouest du lac Atitlan, le peuple   Tz ‘utujils (département de Solola) du Guatemala.
 

Rilaj Mam a une contrepartie féminine appellée Ya Peska Ch’ouriek, Ou Maria Castelyan.
Les shamans ou prêtres Mayas sont nommés des ajkuns.

Le telinel étant le gardien du sanctuaire de Mam, la divinité originelle qui est devenue San Simon.
San Simon est donc une façon des Mayas de travestir leur divinité originelle sous l’apparence d’un saint vénéré comme un saint catholique, la religion imposée de force par les conquistadores espagnols. Ils ont même adopté le système espagnol de confrérie des saints, et ont créé une cofradia (confrérie) de San Simon. Actuellement les pratiques cultuelles d’origine Maya ont tendance à revenir et ils peuvent de plus en plus les pratiquer à la façon ancienne.
Ce serait trop long de parler des pratiques de la cosmologie Maya, qui possède un arbre du monde, qui a été identifié avec la croix du Christ, par le fait que les Mayas avaient également une croix verte dans leur tradition, ils ont interprété la religion catholique en relation avec les cycles des saisons et les ressemblances de leurs mythes cosmologiques.
Ex le Christ a été cloué sur un arbre, comme le Dieu de la fertilité Mam a été sacrifié pour la renaissance du monde.
Ces mythes ont été cachés sous des légendes dans lesquelles San Simon a été découpé par des villageois, mais a continué à vivre. Il s’agit d’une façon détournée de parler du cycle des saisons.
Dieu Mam ou Rilaj Mam est le lien entre le ciel de la cosmogonie Maya et la terre mère, ce qui a été mal interprété par des occidentaux qui disent qu’il est le lien entre le ciel et l’enfer , dans la conception chrétienne.

Il est appelé Grand père, qui a été créé par le cœur du ciel et le cœur de la terre par les divinités primordiales, lors de la création de l’univers et de l’humanité.
Selon les traditions proches du Popol Vuh, Rilaj Mam est aussi le premier shaman (Aj’qij) intermédiaire entre les divinités et les humains. Doué de la connaissance du passé du présent et de l’avenir, de l’univers et de ses énergies, de la spiritualité.
Après avoir vécu sur la terre, il a disparu dans l’intemporalité après avoir terminé sa mission. Il reste un gardien avec lequel on peut facilement entrer en contact.
Il a été appelé Maximon et vénéré par différents peuples Maya, également des qichés. Le nom San Simon a semble t’il été adopté d’après sa consonance proche de Maximon, comme les Mayas sont colonisés par les espagnols catholiques.
C’est aussi une façon de lutter contre l’esclavage de la réalité coloniale, la servitude, l’exploitation, et la discrimination dont sont victimes les anciens Mayas.
Les indiens Mayas ont même poussé l’humour jusqu’à travestir leur ancienne divinité en le représentant avec le visage du chef des conquistadors, Pedro de Alvarado.
De cette façon leurs tortionnaires ont pu croire qu’ils vouaient un culte aux conquistadores espagnol, une version que l’on retrouve encore sur des blogs américains !

Pour enter en contact avec San Simon, il y a des offrandes de tabac (plutôt les cigares), de l’agardiente, un alcool local que l’on peut remplacer par de la tequila ou un autre alcool fort, le sens réel est que l’on offre des produits locaux qui sont le produit de la terre mère, il s’agit d’une offrande dans le contexte des cultes de la fertilité et non d’une promotion de l’alcoolisme ! Les locaux offrent aussi des fruits, de la tortilla, à l’origine des galettes de mais…

Toute offrande sincère est acceptée, selon les shamans locaux.
Les prières également ne sont pas codifiées, vu qu’à l’origine elles étaient en langue Maya, puis des prières catholiques comme le notre père, et des prières plus spécifiques à San Simon. Comme «  Sage et puissant San Simon, je te demande de m’aider dans toutes mes actions et dans tous les dangers.
Tu peux faire le miracle que je demande, parce que tu es sur les forêts, les champs, les villages et les maisons.

Amen.

Représentation de San Simon telle qu’on le trouve dans les botanicas ou magazin ésotériques :

61zFj1-+IYL._AC_UL320_SR240,320_

 

 

 

Laisser un commentaire