Sokushinbutsu Tetsumonkai Shonin

J’ai vu un reportage sur la relation de la culture japonaise dans son soi disant dialogue avec la mort, ceci mal interprété comme étant basé sur la peur. On voit la projection des idées très limitées de certains intellectuels matérialistes occidentaux sur le sujet. Lorsque quelqu’un regarde un film d’épouvante comme Ring (qui est inspiré par des faits réels, en réalité) c’est non par peur des fantômes ou de la mort, mais pour s’amuser, et éprouver des émotions. Les intellectuels pédants matérialistes sont des morts vivants, car ils sont enfermés dans leur petit mental étriqué, et non pas dans leur corps physique, ce qu’ils croient. Ils sont dans une prison mentale, et veulent y emprisonner les autres, ceci est par peur d’affronter ce qui dépasse leurs structures mentales.

Le culte des ancêtres terme utilisé par certains occidentaux (pas par moi), n’est pas un culte mais la conscience du fait que la mort n’existe pas, l’être humain ne se limitant pas à une réalité physique. Ni les animaux ni les humains ne peuvent mourir, ni disparaître, mais sont des esprits. Bien sur celui qui ne les voit pas ni ne les perçoit, est comme un aveugle au niveau spirituel. Cependant, militer pour obliger les gens à ne rien percevoir et essayer de les obliger à croire qu’ils ne sont qu’un robot biologique (ce qui n’existe pas dans l’univers), est un crime contre l’humanité et une tentative de mutilation spirituelle.

D’un autre coté il y a des croyances religieuses, souvent mélangées avec des phénomènes réels.

Je m’intéresse à ce que je peux vérifier moi-même, le reste est de la spéculation.

Au Japon, on trouve des Sokushinbutsu 即身仏 , qui sont ce que certains appellent des momies naturelles, considérées dans les milieux ascétiques comme des bouddhas vivants (le sens de Sokushinbutsu). Ce sont des membres de temples pour la plupart Shingon, mais qui pratiquaient également des rites Shugendo et Shinto (la tradition japonaise est non sectaire, et sans catégories. Ce n’est qu’après l’établissement du gouvernement autoritaire Meiji que des catégories ont été imposées, pour « occidentaliser » le Japon).

Les adeptes suivaient des pratiques alimentaires particulières afin de purifier leur organisme, basées sur des pratiques taoïstes que le moine Kukai, aurait ramenées de son voyage en Chine.

On croit au Japon que ces ascètes sont toujours vivants, bien que morts et leur corps momifié.

L’ascète est descendu dans une fosse à la fin de sa vie, et est rentré dans un état de méditation en attendant la venue de Miroku , le bouddha du futur. En fait il est entré dans une transe, et est passé dans un autre plan d’où il continue à « vivre ».

J’ai eu une expérience directe avec Tetsumonkai, lorsqu’il y a des années, j’ai eu un problème dans les yeux. Une maladie inexplicable pour l’ophtalmologiste consulté. J’ignorais moi-même qu’il s’agissait de sorcellerie faite sur moi.

J’avais commencé une pratique mantrique (un mantra chinois), lorsque j’ai fait un rêve assez fantastique, dans lequel je me suis retrouvé dans une grotte. Là se trouvait un petit dragon, avec des ailes, mais tout le monde savait que c’était une forme prise par Fudo Myoo. Je ne savais pas à l’époque que l’on représente aussi Fudo Myoo par une épée entourée d’un dragon (Kurikara Ken 倶利伽羅剣) .

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C’est bien lui .

J’ignorais également que les shamans japonais voyaient la plupart du temps les divinités sous la forme de dragons, archétype le plus ancien de la divinité dans les milieux agricoles campagnards.

Bref, le « Fudo dragon » m’a parlé et m’a conseillé d’effectuer certaines pratiques, que je n’expliquerai pas ici, comme il s’agit de communication privée avec un dragon bouddha ! (J’ai rapidement évoqué cette histoire dans mon livre « Manuel de shamanisme japonais, à paraitre)

J’ai donc suivi ses conseils. Plus tard, j’ai du me rendre au Japon, et au lieu de ce qui était prévu, nous sommes allés dans le nord du Japon, pour voir une amie de mon épouse, cette amie ayant déménagé dans la région où justement se trouve le Chûren ji, le temple dans lequel se trouve « la momie » de Tetsumonkai Shonin. Notre amie voulu absolument nous emmener faire la tournée de tous les Sokushinbutsus de la région, de fil en aiguille je me suis retrouvé devant la momie de Tetsumonkai au Chûren ji. A son côté était un petit sanctuaire shinto, on me dit que c’étais la compagne de Tetsumonkai qui y étais vénérée sous la forme d’Inari. On trouve souvent cette pratique, quand quelqu’un a connu une vie et un décès dans des circonstances difficiles, on l’identifie à Inari, pour apaiser son âme.

Proche de Tetsumonkai, il y avait une statue de Fudo Myoo que je me suis empressé de saluer, je sentais bien que c’était lui qui avait rendu ce voyage possible.

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Lorsque je suis resté un moment seul devant la « momie », j’ai senti une sorte de fusion assez subtile avec elle, rien d’extraordinaire. Cependant plus tard, je me suis rendu compte que la maladie oculaire avait disparu, et n’est plus jamais revenue. Ensuite j’ai appris que de son vivant, Tetsumonkai lors d’une épidémie, avait arraché un de ses yeux et l’a jeté en sacrifice dans une rivière, afin de venir en aide à la population.

Tetsumonkai

Je suis persuadé que Tetsumonkai est bien vivant et présent dans la momie, qui sert de lien de contact entre son âme puissante et le plan physique.

Je n’ai jamais entendu dire que Tetsumonkai était un guérisseur des yeux. J’ai seulement expérimenté le phénomène, guidé par Fudo Myoo. Mieux vaut être instruit directement par les esprits et les dieux. C’est cela que j’appelle shamanisme.

Un documentaire a montré au Japon, le corps momifié de Kukai, alors que j’avais entendu dire que personne ne pouvait la voir, sauf la personne chargée de lui présenter des offrandes et de changer son vêtement. Au point que certains doutaient de son existence réelle et croyaient à une légende.