Odin le dieu shaman voyageur féministe.

Le dieu Odin des poèmes du nord est un chercheur de sagesse qui passe son temps en transe à voyager dans les autres dimensions pour connaître les secrets de l’univers.

Il est pour cela qualifié de plus sage des dieux.

Ses voyages consistent à accumuler les secrets mystiques et magiques des êtres primordiaux les plus anciens.

Pour cela il parcourt les univers, tels que les mondes des géants, qui sont les êtres les plus anciens et représentent les mondes archaïques, mais pleins de potentiels du commencement du monde, les mondes infernaux dans lesquels résident d’anciennes sorcières clairvoyantes endormies dans les limbes de l’univers.

Il va chez les Vanes (possible métaphore des anciennes shamanes Samis, au niveau matériel historique), qui sont censés être des ennemis de son peuples, les Ases, mais lui il va chercher la connaissance sans discriminer, et il sait que c’est auprès des femmes mystiques et des géantes, des anciennes déesses qu’il va trouver les véritables mystères, connaissances et pouvoirs originels.

Pour obtenir les secrets féminins des déesses, il utilise soit la séduction amoureuse, devenant amant de la géante, soit il se change en animal, ou s’adapte aux conditions exigées, comme quand il doit s’habiller en femme pour recevoir les enseignements de Freya la Vanne.

Cela lui vaudra les sarcasmes et insultes du dieu du mal, le tricheur Loki, qui se moque de lui en le traitant d’efféminé.

Mais cela indiffère Odin, qui comme les Inuits, sait que les genres sont plus complexes que ce que les ignorants croient et jugent.

Les anciens Inuits ne considéraient pas un humain comme seulement mâle ou femelle, mais considéraient qu’il y avait des femmes femmes, des femmes homme, des hommes femme et des hommes homme. Ce qui respecte mieux la complexité des genres.

On peut aller plus loin en constatant qu’un être peut être masculin dans son mental, féminin dans ses émotions et mâle dans sa sexualité. Ou d’autres combinaisons, une répartition des forces « yin et yang » dans des combinaisons spéciales pour chaque être.

Les ignorants et matérialistes qui ne voient que les apparences, ne peuvent rien comprendre à la complexité du monde.

C’est pourquoi Odin, en tant qu’explorateur du réel, ne porte pas de jugement, mais continue de chercher la sagesse sans s’arrêter, car il y a toujours à découvrir dans l’infini.

Il n’est pas le dieu de la guerre, mais le dieu du signe du scorpion, qui recherche à affronter les forces du chaos et les maîtriser, dans le but de connaître, ce qui l’oblige à plonger dans la souffrance et renaître pour éprouver les énergies du chaos pour les transformer dans une alchimie du corps et de l’esprit.

Le but de ses expériences et de la sagesse qu’il obtient, sont de sauver l’humanité de la destruction du Ragnarök, car il partage systématiquement les pouvoirs et les mystères qu’il a découvert avec les Ases, les Elfes et les humains.

Il rassemble les guerriers éveillés dans son monde dans le but de combattre ensemble les forces du mal et le futur chaos qu’elles vont déclencher dans le futur changement de cycle.

Le Ragnarök étant la fin d’un cycle qui verra la destruction suivit de la régénération de l’univers.

« Du frêne chacune des neuf pousses
je parcourus en grimpant. »

(L’arbre du monde Yggdrasil, est un frêne, qui représente les différentes dimensions de l’univers. Comme l’arbre des séphirots de la cabale. Il provient certainement de l’arbre du monde des shamanes asiatiques, où il est toujours un frêne chez les Yakoutes  ).

Odin questionne, dans un de ses voyages (que les shamanes sibériens nomment « kamlénie ») le géant Vafpruonir (poème Vafþrúðnismál) sur le Ragnarök :

« Quand la Vie et ses secousses
meurent aux griffes du froid campant
disparaîtront-ils les hommes ? »

« Durant l’hiver décapant
survivront, cachés, deux pommes,
homme et femme, dans la forêt.
La Terre faisant un long somme,
le nectar que l’aube extrait
auront-ils pour seul repas.
Leurs fils foisonneront après. »

« Le soleil ne brillera pas. »

« Le loup l’arrachera du ciel
mais sa fille suivra ses pas. »

« Qui sont celles qui glissent sans ailes,
ces sages déesses, sur les
eaux ? »

« Le destin leur est fidèle.
Elles sélectionnent les fuseaux,
les tisserandes de nos avenirs. »

« Mais les flammes sont des ciseaux.
Et quelles mains vont réunir
les biens des Dieux à leur mort ? »

« Quand les braises cessent, froides, de luire,
deux reconstruiront leur fort :
Víðarr et Váli ensemble.
Quand le champ de bataille dort,
la masse sous laquelle tout
tremble
sera à Rage et à Force. »

« Du Dieu que la fureur comble (un des noms d’Odin, fureur ou extase selon les traductions)
comment finira la course ? »

« Féroce Fenrir le mangera,
l’unissant avec la source.
Víðarr vaincant le vengera,
tranchant ses mortelles mâchoires. »

(Le loup Fenrir est un loup cosmique qui détruira Odin, qui fusionne alors avec la source suprême. Le fils d’Odin, Vidar, vengera son père).

« Quel or est-ce qu’Odin plongera
dans la cérébrale armoire
-avant qu’il ne se tapisse
dans le vide vivant et noir
qui intimement tapisse
la matière et la lumière-
en chuchotant, de son fils ? »

« La réponse que tu requiers
en toi, Odin, secret, siège.
Comme tu sapas, pierre par pierre,
la forteresse que tu assièges,
je mourrai, ô Mage des sages,
Prince de dépisteurs de pièges. »

Les dits (paroles) d’Odin du Havamal :

Que d’Odin ces mots puissent te nourrir :

Loddfafnir, mémorise mes conseils !

Dors la nuit ; méfie-toi des sorcières :

elles te privent de joie et de jugement ;

pour une dame ne passe pas la lisière ;

du minuit n’attends pas du soleil ;

mange, puis marche, excellant constamment ;

les fausses langues peuvent tuer comme le lierre ;

l’herbe reprend les sentiers rapidement ;

par les runes on ravive et réveille.

Loddfafnir, mémorise mes conseils !

Sois toujours fidèle à tes amis :

avec toi ils supportent l’existence ;

on gaspille sa bonté sur l’ennemi ;

des confiances à celer toujours veille ;

ta vertu n’assure pas ta défense ;

ton savoir n’est pas infini ;

exécute habilement ta vengeance ;

que le mal ne jamais t’émerveille.

Loddfafnir, mémorise mes conseils !

Laisse les cieux : baisse tes yeux en bataille ;

par le vœu et le verbe vainc la louve ;

porte une cotte : fortes mais souples sont les mailles ;

mate tes mots et l’élan qui s’éveille.

La porte s’ouvre : qu’est-ce qu’il offre ? qu’est-ce qu’il couve ?

Du vieux fût, achevé le vin jailli ;

l’apparence convaincante ne rien prouve ;

pour ton sort la magie fait merveille !

Neuf nuits je pendais

à moi-même me sacrifiant

dans le vent violent

A jeun et assoiffé

j’appris les symboles hurlant

et par terre tombai

J’eus de mon aïeul

neuf charmes et de l’hydromel

je bus d’Óðrerir.

Je fus éveillé :

mes mots cherchant mes mots,

mes actes cherchant mes actes.

Sans chercher, comprends

les grandes runes nues et sévères

gravées par l’esprit

Sais-tu comment les

braver,

graver,

enduire,

traduire,

quêter,

fêter

et jeter ?

Mal te rendent

vainement grandes

les offrandes.

La vie mord, la mort vit, je m’y plie.

Si je souffre mon souffle m’assouplit.

L’envie est l’entrave : sans soie, nul pli.

Ne mordent plus leurs épées émoussées.

Je peux tout sauf la mort repousser.

L’injustice multiplie mes poussées.

Par mes mots je détourne l’incendie

et remets dans sa gaine l’arme brandie.

Je calme l’eau quand la vague s’agrandit.

J’exorcise les terreurs

et défends les amis que j’entraîne.

Le pendu a l’âme lourde : je la draine.

Mon baptême des jeunes gens les préserve.

L’invisible, je le vois, nous observe.

Par un charme, dit à l’aube, sois en verve.

Je séduis la jeune femme qui m’enflamme :

pour l’écran entre nous j’ai une lame.

Le dernier, seul Odin le déclame.

Ici trouvent leur fin

les dits d’Odin,

récités ces lais

dans son palais,

pour les êtres humains

source de grand gain,

pour les êtres méchants

source de néant.

Béni soit le poète,

leur interprète ;

bénis l’auditeur

et le lecteur.

Celui est hors pair

qui suit ces vers.