Shamanisme japonais. Hannya Shingyo

Il existe différents Shingyo dans le shamanisme japonais. Par shamanisme japonais, je veux parler des pratiques des Reinoshas, Fugekis, Ogamiyas, Itakos et Odaisans. Il est nécessaire d’expliquer la différence entre les shamans et les autres formes de pratiques.

Il faut déjà comprendre que la culture japonaise est basée sur l’animisme extrême asiatique, et c’est une société qui a des caractéristiques très marquées. La forme d’animisme japonais est plus poussée que dans d’autres cultures animistes. J’essaierais de l’expliquer plus tard. La base des conceptions de la culture japonaise vient de l’ancien shinto. Suite à l’évolution historique du pays, des éléments de cultures étrangères ont été absorbés dans la culture japonaise, surtout dans le but de s’adapter et de se défendre contre les risques d’invasion, ce qui a été une préoccupation majeure dans l’histoire du Japon. Aussi la culture japonaise est un mélange d’élément natifs et d’adaptation de coutumes et pratiques provenant de l’extérieur.

Le shamanisme japonais qui se base sur l’ancien shinto, a ceci de caractéristique qu’il s’agit d’un animisme de société basée sur la culture du riz. Chaque culture au départ se base sur une spiritualité liée à son mode de vie, et en particulier à son alimentation. Cela est difficile à comprendre pour les occidentaux, qui ont subi un conditionnement basé sur les concepts religieux judéo chrétiens, qui tendent à séparer la spiritualité de la nature.Lorsque l’on parle de shamanisme actuellement en occident, il existe une induction sur le fait qu’il s’agit de pratiques et de conceptions de peuples nomades. En réalité, ce n’est pas exact. Il s’agit de peuples qui vivent en rythme avec les cycles de la nature, et ceci existe dans les cultures agricoles. Le fait que cette croyance se soit répandue en occident vient certainement d’erreurs d’interprétations provenant des ethnologues et historiens des religions, qui  ont développé une conception ethno centriste basée sur des concepts de supériorité de la race blanche et chrétienne, héritage issu des méthodes de l’inquisition catholique, et qui se sont transmises après la révolution des les milieux dits intellectuels et universitaires.

L’animisme n’a rien à voir avec une forme de culture nomade en particulier. Les gaulois étaient un peuple animiste, et on sait par l’archéologie, qu’ils étaient des fermiers. Ils partageaient leur activité de subsistance entre l’élevage et la chasse. Les japonais cultivaient le riz, et cette forme de société vivait en interdépendance avec la nature, dont dépendent les résultats des cultures. Les japonais vivant sur un archipel, ils ont développé une culture basée à la fois sur les ressources de la mer et de la terre sous la forme de la culture du riz. Ils n’ont pas développé d’élevage, l’élevage que l’on trouve au Japon s’est développé après la deuxième guerre mondiale, avec l’influence américaine. Il s’agit cependant de petits élevages, petites fermes et non d’élevage industriel. La culture japonaise reste basée sur le riz et son accompagnement d’algues, de poisson, grillé ou cru (sashimi).

Pour expliquer pourquoi il existe une relation entre la spiritualité et la nourriture, il faut comprendre les bases de la culture humaine. La vie est un don de l’univers, c’est-à-dire une force fondamentale qui est la force de croissance des choses, la vitalité et l’intelligence de la nature.

Pour les peuples animistes, cette force de vie se manifeste dans la multitude des êtres vivants. Il s’agit d’un miracle permanent qui est accompli par la force fondamentale, et qui s’exprime sous la forme de la multitude des êtres qui apparaissent, mais également par le double du monde apparent, qui est le monde spirituel, et au premier plan, le monde des esprits. En occident moderne, on pense en général en terme de matière et d’énergie. Au niveau spirituel, de plus en plus de gens croient aux théories de la physique quantique. Ils sont aussi influencés par les conceptions issues d’extrême orient,  et font souvent le lien entre les théories de la physique quantique, et les concepts d’énergie, de KI, de Chi, de Shakti des cultures, japonaises, chinoises et hindoues.

Mais ces analogies peuvent être trompeuses, ou des faux amis. Bref, au niveau de la réalité, il existe bien un niveau « énergétique », mais il est inséparable du monde des esprits. Par exemple, dans la culture chinoise, le « CHI » est produit par des esprits, que ce soit des esprits, des divinités de différents niveaux. Les intellectuels n’ont retenu que le concept d’énergie, parce que les enseignements des médiums shamans ainsi que ceux des taoïstes, qui sont des sectes secrètes, n’ont pas été transmis. Les concepts  occidentaux sur le sujet sont des fragments souvent mal interprétés des initiations secrètes extrême asiatiques.

Exemple de divinités qui sont au centre de la culture spirituelle : le blé, Cérès, dont le nom a donné le mot céréales. Le maïs au Mexique, avec les divinité déesses du mais. Au Japon, la divinité déesse du riz, Inari.

Déméter, en Grèce, a donné lieu aux écoles de mytères d’Eleusis, basées sur la mort et l’éclosion des grains de céréales, qui sont l’analogie de la vie et la mort des humains. Ceci montre que l’initiation est basée sur le cycle de la nature, et la notion d’immortalité est le résultat du dégagement et de la prise de conscience de l’élément éternel et intemporel du cycle de la vie. Ce principe se retrouve dans le christianisme qui se base sur l’analogie entre la vie du soleil et la vie symbolique du christ. Il naît à noël, qui est la période du solstice d’hiver, ou les anciens plaçaient la naissance du soleil qui grandit au printemps et meurt à l’automne et ressuscite au cœur de l’hiver. Comme le cycle végétal. L’identité du christ avec le cycle solaire se retrouve dans l’astrologie, qui constitue l’étude du cycle de la nature.

Les douzes maisons astrologiques représentent les differents types de l’humanité, aussi les douzes apôtres disciples du christ représentent chacun un type astrologique, un des types dont est constituée l’humanité. Si l’on comprend les cycle de la nature, ce sera possible de comprendre les bases de la culture japonaise et d’approcher le shinto, sinon cela n’aura aucun sens. Et si l’on n’a aucune compréhension des cycles et de la vie de la nature, qui est le cosmos, on ne peut pas non plus comprendre  ce qu’est le shamanisme.

Le shamanisme japonais étant imprégné de la conception animiste, qui résulte de la conscience du monde inter dimensionnel de la nature, et de ses plans spirituels, il faut déjà avoir une conscience qu’il existe un monde apparent et des autres dimensions, qui sont peuplées d’êtres invisibles, bénéfiques et maléfiques. La notion de bénéfique et maléfique est relative, dans le sens ou par exemple un virus mortel est maléfique pour les êtres vivants qui en sont victimes, dans l’ensemble de l’univers, il a peut être une fonction utile, si on se base sur la notion de favoriser la totalité du système de l’existence. Mais pour notre intérêt personnel (rester vivant) il est maléfique. Le but du shaman est de rester en contact avec le monde invisible, fondamental, et de faire le lien avec la vie des humains, pour leur faire retrouver l’équilibre avec la nature, et restaurer la vitalité. Le maintien et la protection de la vie nécessite le contact avec des esprits et des divinités protectrices, qui pourront réparer et redonner la vitalité naturelle qui a été détruite par , la plupart du temps, des interventions malveillantes de l’invisible.

Le Shingyo, est au départ un sutra le plus court du bouddhisme japonais, et il est devenu une incantation qui n’a plus de relation avec un sens religieux, mais est pratiqué par les shamans japonais quelle que soit leur tradition. A cause de la mode du Zen en occident, c’est facile de présenter ce sutra car on trouve de nombreuses vidéos qui peuvent aider à la prononciation. Des pratiques shamaniques sont détaillées dans mes livres « manuel de shamanisme japonais » et « introduction aux philosophies et pratiques du shamanisme japonais ».

Hannya Shingyo

BU SETSU MAKA HANNYA HARAMITA SHIN GYO

KAN JI ZAI BO SA GYO JIN HAN NYA HA RA MI TA JI SHO KEN GO UN KAI KU DO IS-SAI KU YAKU SHA RI SHI SHIKI FU I KU KU FU I SHIKI SHIKI SOKU ZE KU KU SOKU ZE SHIKI JU SO GYO SHIKI YAKU BU NYO ZE SHA RI SHI ZE SHO HO KU SO FU SHO FU METSU FU KU FU JO FU ZO FU GEN ZE KO KU CHU MU SHIKI MU JU SO GYO SHIKI MU GEN NI BI ZETS SHIN NI MU SHIKI SHO KO MI SOKU HO MU GEN KAI NAI SHI MU I SHIKI KAI MU MU MYO YAKU MU MU MYO JIN NAI SHI MU RO SHI YAKU MO RO SHI JIN MU KU SHU METSU DO MU CHI YAKU MU TOKU I MU SHO TOK-KO BO DAI SAT- TA E HAN-NYA HA RA MI TA KO SHIN MU KE GE MU KE GE KO MU U KU FU ON RI IS SAI TEN DO MU SO KU GYO NE HAN SAN ZE SHO BUTSU E HAN- NYA HA RA MI TA KO TOKU A NOKU TA RA SAN MYAKU SAN BO DAI KO CHI HAN- NYA HA RA MI TA ZE DAI SHIN SHU ZE DAI MYO SHU ZE MU JO SHU ZE MU TO DO SHU NO JO IS-SAI KU SHIN JITSU FU KO KO SETSU HAN-NYA HA RA MI TA SHU SOKU SETSU SHU WATSU GYA TE GYA TE HA RA GYA TE HARA SO GYA TE BO JI SOWA KA HAN-NYA SHIN GYO

Prononciation :

 

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