Désinformation officielle sur la criminalité occulte

J’ai lu le texte sur le satanisme du Miviludes, qui est censé informer la police sur les dangers du satanisme. Malheureusement ce texte parle de clichés issus des médias et des croyances de la doctrine catholique (Dans la lignée directe de l’inquisition, l’église étant semble t’il le conseiller principal, à mille lieues de la prétention à la laïcité républicaine, de cette instance au sujet des « sectes ». Alors que l’église catholique fait l’objet d’une enquête qui va enfin peut être révéler son vrai visage et la faire classer comme ce quelle est).

On parle du diable comme Lucifer, alors que des historiens ont démontré que Lucifer était un prénom , qui suite à une blague de Jérôme de Stridon envers un évêque avec qui il avait des divergences d’opinion, qui portait le nom Lucifer, celui-ci l’a diabolisé. Mais cela n’a jamais été le nom d’un démon, sauf par la suite à cause du quiproquo engendré par cette blague.

Le terme démon vient du grec et désignait un esprit bénéfique au départ. Les chrétiens catholiques ont inversé le sens, qui en est venu à désigner un esprit malfaisant, mais ils ont aussi faussé beaucoup de termes par une manipulation de la sémantique, afin de pratiquer la manipulation mentale à un niveau collectif. Ce qui rend la communication très difficile, puisque la population a subit un lavage de cerveau qui a duré plusieurs siècles.

La littérature grecque contient un grand nombre de notions sur les pratiques de magie noire utilisées en Grèce et en Egypte. Ces pratiques qui utilisent une grande connaissance du monde invisible et de ses habitants, sert de base au véritable satanisme, qui consiste à utiliser des démons (pour le coup dans le sens d’esprits et de divinités maléfiques ou chtoniennes) pour détruire les gens.

Voici un bon texte qui remet un peu les pendules à l’heure :

Classicisme et « pensée sauvage »

La tradition académique a trop longtemps présenté la Grèce antique comme la source miraculeuse qui a prodigué au monde les trésors de la philosophie, de la tragédie et de la poésie, sans du reste qu’on explique comment ces arts s’étaient développés. De belles âmes ont construit une Grèce imaginaire, faite de beaux sentiments et de grandes idées. Les hellénistes, qui se sont eux-mêmes investis de ce rôle sublime d’aréopage de sages, ne prononcent jamais le nom de Frédéric Nietzsche. Ce dernier avait bien senti le danger mortel que faisaient peser sur notre héritage grec « ces beaux parleurs exerçant aux facéties de l’harmonie grecque, de la beauté grecque, de la sérénité grecque les talents d’une rhétorique inefficace ».

Au lieu de cette Hellade de convention, enrubannée, emmaillotée et momifiée, réconfortant les élites cultivées et décorées qui se bercent d’illusions et font du grec le rocking-chair de monsieur ou de madame Prud’homme, nous avons tenté de découvrir les Grecs non pas « beaux et bons », mais « laids et méchants ».

Les progrès de l’anthropologie, sous l’impulsion de savants tels que Lucien Lévy-Bruhl, Marcel Mauss, Claude Lévi-Strauss, Louis Gernet, Jean-Pierre Vernant, nous ont plongés dans cette « pensée sauvage », pour reprendre l’expression de Lévi-Strauss, ce monde de l’irrationnel et de l’inconscient, si bien exploré par des savants comme E. R. Dodds et G. Devereux.

La magie grecque fait partie d’un domaine qui ne relève pas de la raison – noos, logos – mais des entrailles – thumos, phrénès. Les documents dont on dispose sont des papyrus, des tablettes magiques, des amulettes, en un mot un matériel de caractère très particulier. Les papyrus magiques sont un ensemble dont le nom a été donné par les savants à des textes présentant des sortilèges, des formules, des hymnes et des rituels. Les philologues du beau langage, raconte Hans Dieter Betz, méprisaient ces documents, au point qu’un cours sur la magie, préludant à la publication des Papyri Graecae Magicae, de K. Preisendanz dut pudiquement s’intituler Extraits de papyrus grecs. Et Ulrich von Willamowitz-Moellendorf confiait qu’un professeur célèbre déplorait la découverte de ces textes, qui privaient l’Antiquité de la splendeur du classicisme.

https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/les_sorciers_au_pays_des_philosophes.asp

A noter que ce type de désinformation, quand elle provient d’universitaires, est responsable de l’apparition de mouvements mondiaux basés sur des illusions, comme par exemple la Wicca, qui reprend les thèmes « romantiques » de certains « ethnologues » et « historiens » se basant sur des théories fantasmées.

Je conseille de lire les recherches du professeur Carlo Guinzburg, qui aborde l’histoire comme une enquête policière.

Malgré l’intéret intellectuel de ces  textes, il faut signaler que les universitaires ne comprennent rien à la « pensée magique » véritable.

Par exemple le plomb des tablettes de défixion n’est pas choisit pour sa solidité, mais parce qu’en « signature astrale » il est le métal de Saturne. L’énergie de Saturne est utilisée et indiquée dans la magie pour ses qualités, pour à la fois désenvouter et favoriser les malédictions. Ceci n’est pas dû à des croyances supersticieuses, mais des connaissances des propriétés occultes des éléments matériels.