Les 12 jours de Noël

Les 12 jours de Noël est la période du solstice d’hiver durant laquelle les anciens celtes et nordiques fêtaient le renouveau de la vie et du soleil.

Différentes divinités féminines qui sont autant d’écho de la déesse mère nordique ont survécu dans les coutumes européennes sous les noms de Frau Holle, Berchta , qui récompensaient en donnant des cadeaux à ceux et celles qui avaient bien travaillé durant l’année, et punissant les méchants. Evidemment, le sens cosmique de cette période de fête a été complètement falsifié par les chrétiens.

La déesse Frigg, dans des régions nordiques, passait en compagnie de son époux, qui ici se trouve être le dieu Thor , pour inspecter l’état de la maison . Le Vendredi, et la veille on ne devait pas faire de filage, ni faire tourner des objets. La déesse étant une tisseuse d’univers. Frigg est la Vénus nordique, alors que Thor est le Mars nordique. Odin par contre est le Mercure (Hermès) nordique, dieu de la sagesse. Au niveau astrologique, Mars et Vénus sont bien en couple, et non Mercure et Vénus.

Cette légende se retrouve dans les pays germaniques sous le personnage de Perchta, qui est comme Frigg, à l’origine de la formation des nuages et de la neige (quand elle secoue ses oreiller, la neige tombe).

Ces différentes déesses sont liées à l’oie et on les retrouve dans différents contes.

Perchta, Frau Holle et la déesse Frigg ont été remplacées dans le christianisme par la fête de sainte Lucie. Berthe aux grands pieds provient de la déesse dont le travail de tissage et de filage lui ont déformé un pied en forme de patte d’oie. Ce qui est sûrement un moyen de rappeller la déesse d’origine dont un des animaux sacré était l’oie ou le cygne (mais aussi le hibou).

Ces 3 divinités étaient représentées avec des bougies sur la tête.

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Fête « chrétienne » de sainte Lucie

En vieux haut allemand, la nuit du 6 janvier est appelée Perthennacht(la nuit de Pertha) ou Berchtentag (jour de Berchta). C’est aussi à cette période qu’elle traverse les cieux comme meneuse de la chasse sauvage ; ceci est aussi valable pour Frau Holle ou d’autres figures de la mythologie germanique. Frigga accompagne son mari Odin ce jour-là (dans la mythologie allemande) comme meneuse de la chasse sauvage à cette période.

Le mot Perchten est le pluriel de Perchta. Ce mot est devenu le nom de la suite de Perchta, mais aussi le nom des masques portés dans les montagnes d’Autriche pendant les parades, appelés perchtenlauf, et festivals. Au xvie siècle les Perchten prirent deux formes : 

Beaux et brillants nommées Schönperchten (beaux Perchten) qui durant les douze jours de Noël et les festivals défilent pour apporter chance et richesse aux gens.

Laids nommées Schiachperchten (Perchten moches) qui ont des défenses, des crochets et des queues de cheval et qui chassent les démons et des fantômes. 

Les hommes déguisés, avec ce masque et des costumes spéciaux, traversaient les maisons pour repousser les mauvais esprits au xvie siècle. De nos jours en Autriche, particulièrement Salzbourg, les masques sont toujours utilisées lord de fêtes et de festivals (comme le mardi gras). Les masques en bois fait pour les festivals sont toujours appelées Perchten. On parle de Klöpfler (frappeur) à Bayerne. 

Les traditions de la « course aux Perchtes » du mardi gras ou Perchtenlauf est ancienne. Les premières attestations datent de 1582. Cette tradition n’est pas mentionnée avant cette date, mais cela est probablement dû au fait que l’on considérait comme un péché mortel de faire des offrandes à Berchta. Au xvie siècle semble s’installer une tolérance vis-à-vis de la chasse ou course aux perchten et notamment aux Schiachperchten car ils chasseraient le démon. Durant la Contre-Réforme cette tolérance fut abandonnée et la chasse aux perchte fut de nouveau interdite et punie par l’Église catholique et le gouvernement. Alpes (Suisse, Allemagne, …)

On retrouve la même survivance de ce culte de la déesse Frigg, punissant et bénissant, dans toute l’Europe, plus ou moins christianisée (en la présentant comme une sorcière) ou déformée, et donnant des cadeaux aux enfants sages.

Dans ce cas, l’aspect de belle fée/femme est celle qui récompense pour le travail et la sagesse, et l’aspect sorcière/vieille femme celui qui punit les méchants et les paresseux, qui n’ont pas préparé la future année et n’auront pas de bonnes récoltes la suivante. Elle est aussi la déesse de la fécondité et du foyer, du travail ,des femmes au foyer. Mais aussi magicienne, car elle tisse l’univers avec son pouvoir de lumière magique et contrôle les éléments et  la nature.

Le folklore autour de Krampus dans les alpes est aussi comparable. Krampus fait beaucoup de bruit et avec ses chaînes chasse les mauvais esprits. Il y a aussi des Krampuslaufe.

Italie 

La Béfana peut être rapproché de Perchta, elle visite tous les enfants d’Italie la veille du 6 janvier pour remplir les chaussettes des enfants avec des bonbons si elle ils ont été gentils et un morceau de charbon (maintenant du charbon en sucre) s’ils ont été méchants16.

Irlande, Écosse 

La Cailleach est une vieille femme gardienne de bêtes et elle garde les âmes des enfants non-nés au fond d’un lac. C’est aussi une déesse d’Abondance et elle protège le blé.

Bretagne (région de France) 

La Groac’h est une sorcière qui peut être très généreuse comblant de cadeaux ceux qui lui rendent visite dans sa demeure au fond de l’eau, mais elle peut aussi être terrible changeant les hommes en poisson pour les manger. Elle peut se trouver sous la forme d’une femme terriblement séduisante et sous la forme d’une affreuse sorcière.

Holda ou Frau Holle

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L’aspect vieille Holda dans le folklore allemand qui devient l’archétype de la sorcière, et la même déesse jeune femme.

Sauf que l’aspect sorcière n’est pas méchante mais justicière, et sous l’influence chrétienne qui cherche à dévaloriser les anciennes divinités, l’aspect justice-punition devient méchanceté, alors qu’à l’origine il s’agit de chasser les mauvais esprits en les effrayant. On trouve la même chose au Japon, où les anciens dieux sont représenés par des masques de monstres pour effrayer les démons et esprits malfaisants. On avait en Europe le même folklore pendant le carnaval.

L’aspect féroce et justicier de la déesse n’en fait pas une sorcière, car les vraies sorcières sont des démons qui tuent et détruisent la fertilité humaine, animale et végétale, ce que combattent les divinités de la fertilité.

Le fait de détruire le culte de la fertilité cause la perte des forces de protection des déesses (qui demandent une relation suivie), ce qui entraine la destruction de la nature et de la fertilité. La vraie cause en est la prolifération des esprits maléfiques, qui dans le monde moderne, poussent les humains à ne plus respecter la nature et la polluer.

La solution est de rétablir les cultes des déesses de la fertilité, afin qu’elles neutralisent les forces démoniaques, qui actuellement , n’ayant plus de freins, on créé des religions et le matérialisme qui visent à détruire la nature et rendre le monde stérile.

Holda en tant que déesse, punit les méchants et aide ceux qui sont gentils et généreux. C’est une morale simple qui est différente du tout le monde il est beau, et tend la joue gauche des cultes artificiels qui sont là pour endormir les gens.

Le monde et les sociétés sont corrompus et ont besoin des valeurs simples des anciens qui cultivaient la terre en la respectant et en respectant le travail des esprits de la nature.

Yule, le jour le plus long de l’hiver, était ses vacances (à Frau Holle) et jusqu’à récemment, elle était l’une des personnes qui offraient les cadeaux de Noël dans certaines parties de l’Allemagne. Elle y était représentée comme une sorcière à la cape rouge vêtue d’un balai, qui remplissait les chaussures des enfants de friandises avant de passer à autre chose. Les enfants allemands lui ont laissé du lait et du pain, dans l’espoir de meilleurs cadeaux.

Selon le mythe précédent, elle menait une chasse sauvage à Yuletide, en proie aux esprits hurlants de ses enfants décédés. Elle recueillait les âmes des enfants morts trop tôt, qui avant d’avoir reçu un nom, selon l’ancien culte des ancêtres, n’étaient pas encore reliés à l’arbre ancestral.(une pratique encore bien connue au Japon, qui a été perdue en Europe, à cause de la christianisation).

Vroneldenstraet, l’autoroute de Madame Hulde, était un terme moyen-néerlandais pour la voie lactée. On sait que jusqu’au moyen âge, en France, les gens considéraient la voie lactée comme le chemin des âmes après « la mort », provenant de la sagesse des anciens celtes.

La montagne de Holda en Allemagne, était un lieu de la déesse où se rendaient en dédoublement les shamans européens jusqu’au 16 ème siècle, qui combattaient les sorcières maléfiques, comme les Bénandantis du Frioul dont parle le professeur Carlo Ginzburg.