IOLO MORGANWG

Si l’on s’intéresse au celtisme et au druidisme, on ne peut pas ignorer le personnage de Iolo Morganwg. Il est souvent méprisé par certains pour avoir écrit les textes qui servent de base à la plupart des organisations néo druidiques, en prétendant qu’ils proviennent des anciennes traditions. (Barddas est un livre de documents rassemblés et écrits par l’écrivain et faussaire littéraire gallois Iolo Morganwg . Bien que censé être une compilation authentique d’anciennes théologies et traditions bardiques et druidiques galloises, son contenu est en grande partie une invention propre à Iolo. Le travail a été publié par John Williams pour la Welsh Manuscripts Society en deux volumes, 1862 et 1874. Il a été discrédité seulement dans les années 1970, quand on a retrouvé des manuscrits de Iolo.)

Pour ceux qui disent que l’ancien druidisme a disparu par l’invasion de l’Irlande, je dirais que c’est faux. Comme les divinités existent dans un plan parallèle, que ce soit dans l’ancien temps ou maintenant, ce sont ceux qui sont capables d’entrer en contact avec ces plans qui sont des druides, et ceux ci ne peuvent pas disparaitre.

Par exemple j’ai déjà vu Merlin plusieurs fois, et bien sûr qu’il ne disparaitra jamais. Les gens qui affirment ce genre de choses ignorent l’existence de la spiritualité, on se demande pourquoi ils se mêlent de ce qu’ils ne pourront jamais connaitre. Ce dont ils parlent sont des critères mentaux et matériels, qui n’ont rien à voir avec les druides, qui sont des êtres insensibles aux changements de plans.

Il faut signaler que beaucoup sont abusés par des « historiens « d’extrême droite, qui croient que le druidisme est en rapport avec le védisme, qui est effectivement issu de la colonisation des peuples dravidiens de l’Inde. Mais cela n’a rien à voir avec le druidisme, qui était l’animisme gaulois et celtique. Le mot « druide » n’a pas d’importance, et ne concerne pas la « civilisation celtique ». Des tribus utilisaient d’autres termes pour leurs « shamans », et le concept de  » civilisation celtique » est une invention moderne. Les archéologues ne reconnaissent pas une « civilisation celtique », qui est un mythe qu’ont essayé de créer certains politiciens modernes.

Les critiques sur Iolo Morganwg ne tiennent en général pas compte du contexte de l’époque et de ses mutations sociales et religieuses. Ni du fait que dans son pays, il est considéré comme à la fois un érudit, un grand littérateur, un poète national.  Pour ma part, j’ai toujours ressenti la forte origine protestante des philosophies et prières du néo druidisme. Je considère ce Iolo non comme un escroc, ou un simple faussaire,  mais plutôt comme un créatif, un poète, et un idéaliste. Il n’a fait du mal à personne en inventant des pratiques certes imaginaires éloignées des anciens druides, mais qui correspondaient à une nostalgie et à un idéalisme que l’on peut partager.

Edward Williams était un unitarien anti clérical du sud du Pays de Galles qui fusionna le christianisme avec les légendes arthuriennes. Il recréa la philosophie bardique, affirmant que les traditions druidiques natives du pays de Galles avaient survécu aux persécutions de Edward Ier.

Il prétendit que les poèmes et rituels qu’il publia avaient pour origine des anciens documents nouvellement redécouverts.

Il organisa un renouveau de la culture galloise, bien que la plupart des documents qu’il disait avoir découverts se sont avérés avoir été écrits par lui-même.

Il était sympathisant de révolutionnaires français et  aspirait à  une religion universelle tout en craignant que disparaissent la culture et la langue galloise. Il semble que pour cette raison il suivit une voie mythologique pour inventer une religion universelle qui correspondait à ses aspirations, suivant les concepts de son époque, c’est pourquoi l’on sent la forte influence du protestantisme unitarien, par exemple dans la grande prière des druides.

Edward Williams a prétendu détenir des documents alors qu’il était élève de John Bradford.

Selon le professeur émérite Griffith John William ( 1892-1963, Gwaelod y garth),  John Bradford était un unitarien et un poète. Mais après sa mort, Edward Williams (Iolo)  a utilisé son nom pour faire croire qu’il détenait des livres d’où il aurait tiré ses doctrines philosophiques bardiques, mais elles auraient été inventées par lui.

John Bradford était tisserand et teinturier, son fils Richard Bradford a continué dans le métier de son père.

Selon des études publiées par la  Cambridge University Press, Bradford et Iolo Morganwg appartenaient tous deux à un groupe unitarien qui se réunissait à Essex Street , à  Londres, dont les membres visaient à exercer une influence sur la politique nationale.

Il semble que les publications de Iolo Morganwg sur le néo bardisme avaient pour but de diffuser la philosophie arienne (christianisme anti trinitaire, arianisme), dans le sud du pays de Galles.

Cette activité consistait à lutter contre le calvinisme, et certains calvinistes comme Edward Evans se convertirent à l’unitarianisme et furent inclus dans la hiérarchie de barde/druide dans l’organisation créée par Iolo Morganwg.

Son idée était que les préceptes du Christ visaient à purifier le cœur de l’homme et ses actions dans le but d’apporter le bonheur à l’humanité, alors que les religions, qu’elles soient catholiques, protestantes, amenaient la soumission à l’ordre social et à ses dominants plutôt qu’à la spiritualité.

Il combattait en fait pour promouvoir la liberté de penser, combattre l’esclavage, éliminer les guerres.

Il dénonça en 1789, lors des élections à Glamorgen, le fait que les évêques et les lords avaient toujours pris le parti de l’oppression de la population, et ne possédaient aucune clémence ni tolérance envers les minorités. Il dénonçait le militarisme patriotique et soulignait le fait que depuis son enfance il pensait qu’il était impossible d’être chrétien et de prendre les armes.

Voir le livre : Bard of liberty : Political radicalism of Iolo Morganwg, de Geraint H. Jenkins

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