LES CATHARES EN CORSE,(extrait d’archives)

Extrait d’article de Persée :

LES CATHARES EN CORSE,

L’auteur d’une thèse de doctorat es lettres écrivait, en tête d’une Histoire de l’Église de Corse, parue en 1931 : « II n’y a jamais eu en Corse ni hérésie ni schisme ». Les registres pontificaux des Archives Vaticanes démentent une affirmation aussi tranchante et y révèlent, au contraire, l’existence de Cathares.

A quelle époque, traqués dans le Midi de la France et en Lombardie, les hérétiques franchirent-ils la mer et s’établirent-ils tant en Corse qu’en Sardaigne ? Le livre récent de A. Borst ne signale pas leur émigration et l’ignore totalement. Lea avait pourtant prétendu que leur présence en Corse se situait vers 1340. Mais le passage des Annales Minorum, sur lequel il s’appuie, n’a pas trait à l’existence de Cathares dans l’île. Wadding affirme seulement que le ministre général des Frères Mineurs y envoya plusieurs frères « de vie éprouvée et savants ».

Dans une bulle du 13 août 1368, où Urbain v trace de la vie religieuse en Corse un très sombre tableau, il n’est pas fait allusion à la moindre hérésie. Le pape se borne à décréter une visite canonique qui aura pour fin la réforme des abus signalés. Même silence dans une autre bulle du 10 novembre 1369, qui, par contre, revêt pour l’histoire de l’art une importance majeure. Urbain v, informé que la Corse manquait de lieux de culte, autorise un maître d’œuvre pisan, « in arte muratoria peritus », frère Donato da Montefoscoli (c. de Palaia, province de Pise) à s’y rendre avec un convers. Ainsi, le document aidera à dater les églises, de facture pisane, qui existent dans l’île.

C’est seulement le 14 mai 1372 que Grégoire xi constatait « avec douleur » l’expansion d’hérésies .qui créaient un réel péril pour la foi chrétienne, car les novateurs usaient d’arguments « trompeurs,faux et astucieux ». En conséquence, il établit canoniquement en Corse le tribunal de l’Inquisition et délégua les fonctions d’inquisiteur au carme Pierre Raymond, maître en théologie et évêque de Mariana, pour une durée de cinq années. Grégoire voulait, cefaisant, « extirper » complètement les hérésies qui, disait-il, « pullulaient ». Il a soin de préciser la qualité des personnes contre lesquelles devront s’exercer des poursuites judiciaires : ce sont « des hérétiques, des croyants, des fauteurs, leurs défenseurs et receleurs »,termes usités dans la pratique inquisitoriale pour désigner les Cathares et leur hiérarchie.

L’évêque de Mariana accomplit vraisemblablement son mandat avec rigueur. La crainte des châtiments, dont il disposait, provoqua des abjurations. Ceux qui s’y résignèrent regrettèrent bientôt leurs actes de faiblesse, retombèrent dans leurs anciennes croyances et devinrent relaps ; c’était se vouer à une mort certaine ; aussi ils se rétractèrent. Grégoire xi usa de clémence à leur égard et permit de les réconcilier avec l’Église, à condition de manifester un désir sincère de conversion, de n’avoir récidivé’ qu’une seule fois et d’abjurer leurs erreurs (26 août 1373).

De leur côté, les Franciscains ne chômèrent pas dans l’œuvre d’évangélisation à laquelle ils se vouaient depuis 1340. Leurs missions se trouvèrent entravées par des circonstances spéciales dues à ce que les Cathares avaient établi leurs repaires dans les forêts et les montagnes. Afin de les atteindre plus aisément ils obtinrent de Grégoire xi la permission de construire quatre couvents dans leur voisinage et de communiquer avec les hérétiques, frappés d’excommunication, sans encourir d’irrégularité canonique (5 et 9 septembre 1373).

A vrai dire, courses évangéliques en pays accidenté et poursuites judiciaires échouèrent, en grande partie. En 1377, Grégoire xi déplorait une recrudescence du mouvement hérétique, qui, par surcroît, avait essaimé en Sardaigne. Le ministre général des Franciscains reçut l’ordre de nommer un nouvel inquisiteur qui aurait pour charge « d’exterminer le mal dans la racine ».

C’était trop espérer et trop présumer. Boniface ix se trouva obligé de prescrire, le 3 août 1395, à Francesco Bonaccorsi, évêque de Gravina, de « détruire » les Cathares et de lui confier le mandat d’inquisiteur jusqu’à nouvel ordre. De plus, il le recommanda à toutes les autorités locales de Corse et de Sardaigne et pria celles-ci de lui faciliter sa tâche.

Les documents du Vatican ont donc l’avantage de révéler le prolongement de l’existence des Cathares à la fin du xive siècle, dans des îles peu accessibles et montagneuses. Ils ne fournissent malheureusement aucun détail sur leur mode de vie, leurs croyances,leurs rites ou le fonctionnement de la procédure inquisitoriale.

***

  1. Charles Samaran estime que les indications apportées par

notre confrère sont tout à fait nouvelles.

  1. Robert Fawtier demande si les documents analysés au Vatican font partie d’une collection.
  1. Lettres secrètes et cwiales de Grégoire XI, n. 3055.
  2. Ibidem, n. 3064.
  3. Ibidem, n. 3071.
  4. J. M. Vidal, Bullaire de l’Inquisition française au XIV» siècle. Paris, 1943» p. 436,
  5. 309.
  6. Archives du Vatican, Reg. Vat. 314, f. 376 r«.

150 COMPTES RENDUS DE L’ ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS – 1956

M s* Mollat répond qu’ils sont éparpillés. Pour échapper à la

répression, les Cathares se sont réfugiés dans les montagnes

.Lien source les cathares en Corse

A noter que dans d’autres textes que j’ai lu , il y a des textes sur les cathares qui semblent aberrants. Par exemple il y a des textes qui montrent que les femmes et les hommes sont égaux, mais les citations des cathares interrogés par l’inquisition, parlent de la tentation de la femme par le serpent . Hors ceci est la bible hebraïque, alors que les cathares étaient gnostiques, et que les gnostiques considèrent le dieu de la bible comme le démiurge. Le serpent est donc positif, il incite l’humain à échapper au démiurge (le démon) et à accéder à la connaissance qui permet de savoir la vérité (spirituelle et ontologique) et non de suivre une croyance religieuse .

Les gens qui prétendent être gnostiques actuellement, et qui mélangent des vagues fragments mélangés avec des idées tirées de l’ufologie, avec les reptiliens, les « petits gris » , les extras terrestres, ne comprennent pas plus que les inquisiteurs ou les catholiques, ce que pouvaient être les cathares, ou ceux qu’on désigne par ce nom erroné. Au Japon dans l’ancien Shinto, j’ai étudié que l’archétype du dieu est le serpent. C’est seulement chez les catholiques et les fantasmes occidentaux que le serpent est diabolisé. Chez les anciens peuples, il est identifié à la sagesse. Y compris chez les celtes.

Le dragon  et le serpent sont le même archétype. Chez les celtes et en Asie, ils représentent tous deux l’énergie, ou les forces spirituelles qui parcourent le ciel et la terre.  Les cathares n’existent pas en tant que secte, mais les gnostiques chrétiens occidentaux donnaient des transmissions de la lumière céleste par imposition des mains. Ils le faisaient secrètement dans des grottes, étant obligés de se cacher.