Cycle de la nature ou cycle Osirien

Le mythe de la mort et de la ressurection d’Osiris est en rapport avec le cycle agricole,  après les fêtes de sa mort, vient le moment de la ressurection où l’on peut semer les plantes qui sont identifiées au cycle osirien.

La régénération de la dépouille osirienne par Isis-Chentayt, la « veuve éplorée », est pratiquée chaque année durant le mois de Khoiak, le quatrième du calendrier nilotique (situé à cheval sur nos mois d’octobre et de novembre). Au sein des temples, les officiants s’attellent à fabriquer de petites figurines momiformes, appelées « Osiris végétants », destinées à être pieusement conservées durant toute une année. Ces substituts du corps osirien sont ensuite inhumés dans des nécropoles spécialement dédiées, les Osiréions ou « Tombeaux d’Osiris ». Les Mystères sont observés durant l’amorce de la décrue du Nil, quelques semaines avant que les champs puissent à nouveau être ensemencés par les paysans. Chaque ingrédient entrant dans la composition des figurines (orge, terre, eau, dattes, minéraux, aromates) est doté d’un fort symbolisme, en relation avec les principaux cycles cosmiques (révolution solaire, phases lunaires, crue nilotique, germination). Leur mélange et leur moulage sous la forme du corps d’Osiris ont pour but d’invoquer les forces divines assurant le renouvellement de la vie, la renaissance de la végétation ainsi que la résurrection des morts.

Le fait de suivre les cycles de la nature et d’identifier les vies du soleil et des plantes au mythes est général dans tous les peuples avant la dégénerescence spirituelle de l’humanité sous l’influence des fausses religions dites « monotheistes »

Comme je l’ai écris dans mon livre « Traditions du Japon », on trouve la même tradition dans le shinto, aussi bien que dans les cultes méso américains et dans l’europe pré catholique.

Le soi disant élitisme de prêtres égyptiens vis-à-vis de la population , est une interprétation occidentale de la dégradation de la tradition égyptienne. Effectivement à l’origine les divinités étaient souvent des maîtres esprits animaux , qui protégeaient les villages et les tribus.

Les divinités canines comme Wepwawet (Oupouaout) et Anubis étaient des gardiens du shamanisme tribal du loup.

Les divinités animales étaient très nombreuses. Au bout d’un certain temps, les « pharaons » sont devenus avides de vénération, et ont entrepris d’installer des divinités à formes humaines , afin de pouvoir être vénérés par la population qu’ils voulaient dominer.

Cependant les dieux originels shamaniques à forme animale, sont restés, ils les ont mis à une place subalterne. Ceci arrive à chaque fois que les humains « prennent la grosse tête », et se mettent à croire à leur supériorité, ce qui s’accompagne en général d’une chute spirituelle, d’un éloignement de la nature, et d’une imposition patriarcale et autoritaire dans la société.

Pour les anciens peuples qui vivaient dans la nature, il n’y avait pas de croyance en la mort, mais dans les cycles naturels et en la régénération. Il n’y avais donc pas d’enseignement secret qui assurerait l’immortalité aux initiés ou à une élite sociale.
Personne n’avais peur de la mort, sachant qu’il s’agissait d’un changement de forme et d’un passage dans le monde des esprits.

La dégénérescence s’est faite dans l’humanité par la volonté de pouvoir de certaines castes qui voulaient répandre l’ignorance dans les population et les enfermer dans la croyance matérialiste et créer la peur de la mort.

Ceci a précédé les fausses religions dites monothéistes, qui n’ont rien de monothéistes. Tous les peuples connaissaient une divinité primordiale, en Egypte le dieu Atoum étant identique à la conception hindoue du Brahman, ou Ameno minaka nushi dans le shinto. Une divinité essence de tout et peu individualisée, comme aussi dans le vaudou du Bénin.

Atum est l’une des divinités les plus importantes et les plus fréquemment mentionnées des premiers temps, comme en témoigne son importance dans les textes des pyramides , où il est dépeint à la fois comme un créateur et un père. 

La divinité primordiale est présentée comme auto crée ou pré existante. Il crée les êtres vivants et les premiers dieux pour ne pas être seul. C’est souvent une divinité qui contient à la fois les principes mâles et femelles en lui-même.

Les premiers mythes affirment qu’Atoum a créé le dieu Shu et la déesse Tefnut en les recrachant de sa bouche.

Les véritables initiations à la connaissance des mondes divins, n’est possible que par une démarche personnelle et en entrant en contact direct avec une divinité. Il n’y a pas de prêtres qui pourraient servir intermédiaires entre les humains et les divinités, vu que les divinités ne sont pas égocentriques, ni anthropomorphes. Les grandes divinités sont capables de se transformer en animal comme en humain, et ne vont pas privilégier des humains vaniteux et ignorants.

Tous les rites soit disant secrets et initiatiques qui ont été créés en général par les grecs, ne font que représenter la mort et la resurrection des plantes, du soleil et de la nature, de façon seulement symbolique. Tout ceci est très loin d’une véritable connaissance spirituelle, qui demande d’entrer dans la connaissance des plans subtils par soi même et avec le soutien d’une divinité guide et gardienne.

 Abydos, l’antique cimetière des premiers pharaons (époque thinite), prend symboliquement le relais en devenant la nécropole idéale à laquelle tout dignitaire doit se référer pour espérer un salut post-mortem. Le dieu Osiris, le parangon mythique des pharaons morts, devient le grand dieu de la nécropole en évinçant le dieu chacal Khentymentiou.

On voit bien que les plus anciens dieux étaient de nature shamanique, et des animaux dieux. La raison en est que les animaux sont plus anciens que les humains, donc les maîtres esprits des animaux sont émanés de la nature orginelle et étaient comme des esprits ancêtres. D’où leur pouvoir d’aider les esprits humains à retrouver l’unité originelle et les savoirs oubliés.

Khentamentiou devient dès lors une des épithètes majeures du dieu Osiris.

Il est représenté sous les traits d’un canidé noir proche du chacal, animal funéraire par excellence.

Les historiens occidentaux ont remplacé le terme « shamanique »  par « rites funéraires », car le voyage shamanique dans les mondes subtils (qui demande une expérience directe des corps subtils) est remplacé par des rites symboliques matériels, plaçant une mystification de la nature de la mort et de l’esprit.

Le voyage dans l’autre monde, est symbolisé par un voyage sur l’eau en bateau.

L’histoire du bateau (voyage dans l’autre monde) se retrouve dans les légendes provençales, qui racontent que des disciples du Christ (Osiris humanoïde sacrifié) accostent aux saintes Maries de la mer. Récupération régionale des mythologies juives mélangées avec le cycle égyptien qui ont donné le christianisme. La mention de Khentamentiou montre l’ancienneté du shamanisme du loup dans l’antiquité.