L’anarchisme mystique d’Hassan Sabbah

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William S. Burroughs , inspiré par les légendes d’Hassan Sabbah.
De longues histoires de combats de successions et d’assassinats se succèdent dans l’histoire de ce qu’on nomme islam , mais au travers du chaos se profile aussi une histoire ésotérique et un combat pour la liberté qui concerne le monde et la spiritualité, que des forces permanentes essaient de détruire pour maintenir l’humanité en esclavage.
De l’ismaelisme réformé d’Alamut (un château) et d’Hassan Sabbah proviennent l’inspiration de la culture magique moderne « la magie du chaos », qui attribue sa maxime « Rien n’est vrai, tout est possible » à celui qu’on a surnommé « le vieux de la montagne ».
Derrière l’histoire du vieux de la montagne, Alamut, se tient l’aventure des traditions perses zoroastriennes, qui ont « inventé » le soufisme et l’ismaélisme réformé d’Alamut, une résistance à l’invasion arabe et sa tentative d’’imposition au monde de la version dure de l’islam, le sunnisme , tentative politique plus que religieuse.
Hassan Sabbah , étudiant à l’université de Nichapour, aurait été l’ami de celui qui deviendra le grand poète Omar Khayyam. Ils étaient trois à partager une chambre d’étudiants, le troisième allait connaître une carrière politique. Quand ils se séparèrent, les trois amis firent le serment que le premier d’entre eux qui réussirait dans la vie, aiderait les deux autres. Lorsque Nizam Al Mulk devint Vizir, les deux autres lui rappellèrent leur promesse. Omar Khayyam préféra une pension à un poste politique, alors qu’Hassan Sabbah entra en politique et devint dangereux par ses aptitudes pour le Vizir déjà en place, qui se mis à comploter contre lui et réussi à le discréditer aux yeux du Sultan.
Selon les historiens de l’institut des études ismaéliennes, l’amitié entre Hassan Sabah et Omar Khayyam doit cependant être considérée de l’ordre de la légende.
Il est précisé par cet institut que les assassinats opérés par les nizarites afin de libérer leur pays de l’oppression étaient dirigés sur des leaders politiques et jamais sur la population. Et que le nombre d’assassinats a été nettement exagéré. Leurs ennemis étaient beaucoup plus nombreux et ils utilisaient une méthode de guérilla contre un ennemi plus grand en nombre.
Hassan Sabbah dut s’enfuir en Egypte, où il chercha des alliés parmi les Ismaéliens, afin de se venger et de stopper les tentatives de destruction des Ismaeliens en Perse.
Trois ans après, il revint en Perse et choisit le nord de la Perse où vivaient des peuples qu’il savait résistants et qui avaient déjà développé une forme d’islam hétérodoxe pour résister à l’envahisseur.
Il effectua de nombreux voyages afin de réunir des partisans, ainsi que pour chercher un lieu dans la montagne qui pourrait devenir une place forte servant de base pour son combat, à la fois idéologique, mystique, scientifique et guerrier. C’est comme cela qu’il trouva le château d’Alamut , à 1800 m d’altitude, et s’y installa.
Ses partisans devinrent des sortes de ninjas ismaéliens , les Fidaïs, qui allaient aider dans leurs combats tous les centres ismaéliens qui étaient attaqués.
Un de ses Fidaïs réussi à assassiner le Vizir Nizam Al Mulk, après l’avoir approché en se déguisant en soufi.
C’était le début de l’assassinat de tous les leaders ennemis qui essayaient de détruire l’ismaélisme, que ce soient des rois, des princes, gouverneurs ou théologiens ennemis. Ceux-ci commencèrent à être saisis d’épouvante.
En même temps depuis son château , il établit l’enseignement ésotérique en 7 degrés d’initiation , en y introduisant les traditions avestiques du zoroastrisme.
Marco Polo, qui était le serviteur de Kubilai Khan, entendit parler d’Hassan Sabah par ses ennemis, et relata les rumeurs qu’ils faisaient courir sur lui. Ceci devint la source de légendes imaginaires sur Alamut et les hasshishins. Qui sont certainement seulement les « Hassanjins », ou hommes d’Hassan.
En réalité le haschich altère les capacités d’attention et serait contre productif pour des combattants utilisant la ruse et le combat furtif.
De même que toute drogue empêche le developpement des perceptions extra sensorielles et magiques aussi bien que spirituelles. Il serait donc absurde comme ce que croient certains, que Hassan Sabbah l’aie inclu dans l’entrainement spiriuel de ses disciples.
Habituellement , quand on parle d’Hassan Sabbah, on ne le présente que comme une sorte de fou terroriste, alors qu’il ressort clairement qu’il s’agit du combat des Perses pour résister aux musulmans sunnites.
C’est-à-dire que toutes la désinformation des sunnites sur son compte a réussi, et donc que la population en occident a parfaitement obéi au conditionnement et a nié les efforts des résistants. A part des artistes comme Burroughs , qui pensait que nous sommes dans une réalité trucquée quasi gnostique.
Les templiers qui au départ , étaient des catholiques, aristocrates, serviteurs du roi et du pape, après avoir vécu en orient, ont été en contact avec Hassan Sabbah et les gnostiques musulmans. Qui sont bien les successeurs spirituels du zoroastrisme et du mazdeisme. Ils ont compris que l’Europe était prisonnière d’une dictature, et ils ont évolué à construire la même chose que la résistance ismaélienne en Europe. D’où l’accusation d’hérésie et d’avoir des pratiques quasi musulmanes, l’histoire complètement déformée du « baphomet », que les inquisiteurs étaient incapable de comprendre, vu qu’ils n’avaient aucune connaissance de l’orient.
Les Ismaéliens avaient des commanderies, organisation que l’on retrouve chez les templiers.
Lorsque la forteresse d’Alamut fut détruite par les Mongols en 1256, l’ismaélisme réformé d’Alamut entra dans la clandestinité sous le manteau du soufisme.

Note : Je dois préciser que les articles que j’ai écris sur Hassan Sabbah, n’impliquent en aucune façon une reconnaissance concernant un quelquonque imanat qui prétend descendre et être un successeur aristocratique d’imams ismaéliens. Vu que l’intérêt de mes articles concernent l’aspect anarco spirituel du personnage, je ne reconnais pas de hiérarchie prétendue dans sa succession.