Dakiniten au Japon

Il y a beaucoup de confusion sur le sujet de la nature de Dakiniten au Japon. Ces confusions proviennent de l’incompréhension de la nature réelle des divinités.

Pour résumer, la raison de la confusion provient de textes d’intellectuels ignorants, qui se basent seulement sur des textes, et non sur les véritables traditions.

Les termes Dakini sont utilisés de façon différentes, dans le bouddhisme tibétain, et dans l’hindouisme, ainsi qu’au Japon.

En Inde, le terme désigne des démons sorcières, ou démons femelles, extrêmement dangereux.

C’est dans ce sens que Daikokuten, ou Mahakala, qui est le dieu Shiva, est capable de les contrôler.

Il est modifié en Daikokuten au Japon et en Mahakala au Tibet.

Au Tibet  le terme Dakini désigne soit des divinités féminines, soit des Yoginis (femmes) ayant atteint un état d’éveil, soit de réalisation spirituelle. Le côté transgressif  consiste dans le fait que le bouddhisme est ennemi des femmes et de la féminité qu’il considère comme inférieures. Hors dans les cultures shamaniques, la majorité des femmes sont spirituelles, étant l’incarnation de la réceptivité et de la vitalité universelle, donneuses de vie.

Les sorcières sont des démons archétypes qui sont l’incarnation de la négativité et de la stérilité, comme la dite Lilith, qui était le démon de la stérilité dans la culture juive ancienne.

Il s’agit de la contradiction de la vitalité et le culte de la destruction.

Au Japon, on a à faire avec une culture animiste basée sur la purification ( Misogi) et sur le respect de la nature sacrée, qui est identifiée avec le vitalité, nommée « Musubi » dans le fondement du Shinto.

Aussi la pousse du riz qui est la nourriture de base des japonais, est considérée comme la déesse qui est la racine de la vie, la fertilité de l’univers.

La déesse de la nourriture est l’équivalent de la divinité suprême, car elle est la vitalité qui est à la base de la vie. Donc la divinité qui représente la source de la vitalité est la divinité qui fait pousser la nourriture, et le riz. La vitalité qui fait pousser les plantes, est également la source de la sexualité, car c‘est la même force qui fait pousser les plantes, et les humains, les animaux et les galaxies.

C’est la raison pour laquelle les Japonais s’extasient devant la floraison des cerisiers, et des autres plantes. Il s’agit du processus de la vie  qui se déroule sous le regard de tout le monde. Le travail de la nature manifeste l’existence d’une force cosmique universelle qui n’a pas de nom, mais est omniprésente dans tous les processus de la vie.

Si le bouddhisme introduit au Japon a amené le terme Dakini, il a été réinterprété comme étant la déesse force de la croissance des choses, nommée Inari ou Uka no Mitama. Mitama étant l’âme des choses.

Dans ce cas, nourriture signifie force de vie.

Aussi le moine Kukai, a influencé l’identification de la divinité féminine comme étant la déesse du riz, c’est-à-dire de la nourriture, et de la vitalité primordiale.

C’est pourquoi Dakini au Japon signifie Inari.