Dikr soufi et rappel de soi

Le mage Russe Gurdjieff a longtemps côtoyé les derviches, véritable appellation de ce qu’on nomme à tord « soufis ».

Le soufisme actuellement est récupéré par les intégristes, qui en donnent de fausses définitions.

En effet, le terme « soufi » ne désigne pas un adepte religieux qui suivrait « une voie soufie », comme on essaie de le faire croire.

Le terme soufi, dans cette voie, désigne uniquement un être qui a atteint le Fana, c’est à dire l’état de conscience cosmique.

Cet état est nommé Nirvilkalpa Samadhi par les yogis Hindous.

Il s’agit d’une voie secrète et non d’une religion.

Les adeptes de cette recherche spirituelle on toujours été persécutés, c’est pourquoi ils sont entrés en clandestinité.

La conscience spirituelle entraîne la conscience du monde invisible et des forces cachées, ce qui fait que les vrais « soufis », savent que le monde est contrôlé par des démons.

Ils suivent l’évangile où Jésus appelle le diable  » le prince de ce monde ». Les vrais soufis voient les gens qui sont contrôlés par l’ordre obscur, et les évitent.

Seule la conscience intérieure peut donner la connaissance spirituelle. Les soufis ne cherchent pas à suivre une religion, mais ils se nomment eux-mêmes les gens de la vérité. Ils ne parlent pas dans le langage ordinaire, mais par des métaphores.

Le langage symbolique étant plus adapté à transmettre des états de conscience qui dépassent le mental.

Les paroles des soufis sont :

– Dieu est plus proche de toi que ta veine jugulaire.

– Qui connais son âme connais son Seigneur

– Meurs avant la mort et ressuscite maintenant

-Sois dans le monde sans être du monde ( « le monde » étant un état de conscience induit par le diable, qui montre les choses séparées).

Ces paroles, signifient que la divinité est l’essence de l’être et la conscience cosmique, qui est non individuelle, n’a rien à voir avec les croyances religieuses. Le Dikr consiste à réciter une formule qui explique l’unité de la vie, la conscience de chaque être étant la conscience cosmique qui regarde le monde au travers de chaque être vivant.

Chaque être est dieu qui joue un rôle en oubliant qui il est, et croit être un humain, un chien ou un hérisson.

Georges Gurdjieff a essayé de transmettre cette conscience d’une façon non religieuse, en reprenant la pratique du Dikr sous la forme du « rappel de soi ». Cependant il n’a pas réussi, et il a finit par passer son temps à « appuyer sur le corps le plus sensible de chaque personne qui l’entourait ».

Effectivement, il y a des pouvoirs occultes qui empêchent les gens d’accéder à la « conscience objective », terme qu’il a utilisé pour désigner l’état de Samadhi.

Pour voiler l’origine de ses enseignements, qui sont simples, il a raconté des tas d’histoires qui étaient destinées à contourner l’ego mécanique des gens. Comme les gens n’ont rien compris. son enseignement a été dénaturé et plus ou moins récupéré par des manipulateurs commerciaux. Il cherchait seulement à rendre la sagesse intérieure disponible en occident, mais c’était impossible.

Le soufisme s’origine dans le chamanisme turco- mongol, ce qui explique les nombreuses similitudes entre ces traditions.