Inuit Shamanisme

Pour moi ce que j’appelle le « shamanisme Inuit » est inspiré des expériences personnelles dues à des vies passées et ne constitue pas d’appropriation culturelle ou un pillage des cultures Inuits ou considérées comme telles.

Le shamanisme tel que je le conçois, n’est pas lié à une culture particulière, mais à l’accès au monde des esprits, et plus particulièrement au monde des âmes causales.

En général j’ai en horreur la façon dont on traite en occident ces sujets et les cultures dites animistes.

Le shamanisme est en général perdu dans certaines cultures qui ont subit la colonisation, ou il est affaiblit par le mélange apporté par des colons.

Il n’y a pas lieu d’idéaliser une culture ou une autre. La vie des anciens était très différente de ce qu’on peut imaginer.

Les structures mentales, psychiques et les perceptions du monde étaient différentes. Parce que les corps subtils des anciens hommes étaient plus actifs et développés que ceux des contemporains. Ce qu’on appelle un shaman actuellement, ce n’est pas quelqu’un qui avait choisit une activité religieuse, mais quelqu’un qui était obligé de se battre avec des esprits et essayait de sauver une tribu quand elle était attaquée par des démons ou un shaman maléfique. Les shamans angakoks étaient des êtres féroces qui se battaient entre eux.

C’est toujours le cas, pas seulement des angakoks, mais de tous ceux qui ont accès au plan invisible.

Pour moi si je me connecte avec le monde Inuit, je suis aussitôt plongé dans le monde glacé des esprits anciens.

Pour  l’ethnologie : Selon la cosmologie inuite, le cosmos n’est gouverné par personne. L’écrivain inuk Rachel Attituq Qitsualik-Tinsley a déclaré qu ‘  «il n’y a pas de mère ou de père divin. Il n’y a pas de dieux du vent et de créateurs solaires. Il n’y a pas de punition éternelle dans l’au-delà, comme il n’y a pas de punition pour les enfants ou les adultes dans l’ici et maintenant. 

L’Angakkuq est le guérisseur spirituel dans la plupart des communautés inuites. Son rôle varie selon les communautés. Parmi les Inuit du Canada, ses tâches consistent à aider la communauté lorsque les mammifères marins se font rares. Selon la légende, quand il n’y a pas assez de phoques, morses et lions de mer, cela signifie que la Femme de la Mer (déesse de la mer Inuit) les garde emprisonnés au fond de la mer. 

L’Angakkuq doit utiliser ses techniques chamaniques pour évoquer la Femme de la Mer et lui faire libérer les animaux pour les chasseurs.

Je ne suis évidemment pas d’accord avec ce que disent les ethnologues qui prétendent (ils disent cela de tous les soi disant animistes) que leur culture est basée sur la peur. Parce qu’ils portent tous des amulettes de protection.

Cela signifie qu’ils ont conscience du danger et de l’existence des forces occultes. L’absence de conscience des esprits dans le monde moderne provoque  que les gens meurent constamment de maladies infusées par des démons dans le corps subtil et physique des gens. Le jugement de valeur vient du fait que les occidentaux ont subi un lavage de cerveau collectif pour qu’ils ne puissent plus percevoir le monde spirituel. C’est un handicap et non une supériorité spirituelle.

 Ils croyaient que le tatouage pourrait affecter leur destin dans l’au-delà. J’ai vu récemment un reportage sur sur une jeune femme berbère en Tunisie , qui est tatoueuse, et elle a fait des recherches auprès de vieilles femmes tatouées dans la campagne. Elles ont raconté leurs expériences de tatouage traditionnel dans leur jeunesse. L’une d’entre elles a raconté les guérisons qui ont été accomplies sur des proches ainsi que sur elle-même, quand le tatouage tribal a été fait pour les protéger. A 45.17 de la vidéo, la vieille dame parle de la guérison par le tatouage. Il s’agit d’une pratique magique, le tatouage s’accompagnait de paroles magiques.


Dans la culture Inuit, Silla ou Silap Inua ᐃᓄᐊ est L’âme originelle qui est la substance de toutes les âmes. Il a le même sens que le Rei/Tama/Kami du Japon. Il y a d’ailleurs des similarités évidentes entre Japonais et Inuits.

Une autre Divinité est Sedna (son nom a des variantes selon les régions)  le déesse de la mer, ou Femme de la Mer.

Les anciens hommes connaissaient tous l’existence des « maîtres esprits » des espèces animales et les shamanes aussi bien que les chasseurs et les pêcheurs savaient communiquer avec le maître esprit de chaque espèce.

inua ᐃᓄᐊ

Pour les peuples de l’Arctique, l’homme et les animaux sont égaux – Toute vie a le même genre d’âme ou « essence de vie » (inua). C’est toujours la même conception que le shamanisme japonais. L’homme n’est pas supérieur aux autres êtres, animaux, plantes, les lacs, les montagnes ont tous une âme/esprit.

Cela crée une situation qui, pour survivre, oblige à tuer d’autres créatures qui leur ressemblent. La reconnaissance de ce dilemme est au centre de la pratique de la chasse, qui repose sur le respect et la réciprocité –(Wikipedia)

Sauf que c’est le maître esprit (ou esprit du l’espèce) de chaque espèce qui gère la relation avec les humains et à qui il faut s’adresser.

J’ai pu expérimenter moi-même la communication avec le maître esprit de plusieurs espèces, et j’ai des amis qui ont pu observer comment les aigles tournaient au dessus de moi, lorsque j’avais communiqué avec le maître esprit des rapaces.

Une fois une buse s’est posée sur la branche d’un arbre à côté de moi, quand je communiquais avec l’esprit maître de la buse. J’ai bien vu que l’individu buse ne l’a pas fait par elle-même, mais qu’elle était comme téléguidée par le maître esprit.

Ce n’est donc pas l’animal « qui choisit de donner sa vie au chasseur » animiste, comme on trouve sur Wikipedia ou dans des croyances du néo chamanisme. L’individu animal, il voudra sauver sa peau. Bien sûr, on doit faire un rituel pour aider et pacifier son âme/esprit individuel. Au Japon, il y a constamment des rituels qui sont effectués pour l’âme des poissons, comme c’est une nourriture de base des japonais, qui ne mangeaient presque pas de viande avant la deuxième guerre mondiale (l’influence américaine à changé la donne).

Cependant, si on trouve la mention que les conceptions inuites ont en partie disparu à cause de la christianisation, il semble que la plupart des occidentaux ignorent que la même conception animiste existe au Japon, et que celui-ci n’a jamais été christianisé. C’est pourquoi les occidentaux n’ont pas pu falsifier la spiritualité animiste japonaise. Cela permet aussi de contredire les mensonges que répandent les chrétiens pour dévaloriser les cultures animistes. Par exemple, il n’y a jamais eu au Japon de sacrifices humains, ni  de sacrifices d’animaux.

Le shinto pense que les cadavres dégagent un mauvais KI, on évite les pollutions énergétiques.

Témoignages paroles d’Inuits. (récits recueillis par Jean Malaurie)

« Un sorcier, ajoute Pualuna, est immortel. Je veux dire que, si nécessaire, il peut revenir à la vie. On connaît, dans notre longue histoire, un sorcier qui est réapparu ainsi cinq fois après sa mort. On connaît même un angakkoq qui, ayant fait, d’une falaise, une chute mortelle, a vu ses restes mangés par un chien. Grâces lui soient rendues ! Alors même que ce chien l’avait mangé, il revenait à la vie et se présentait au village accompagné de l’animal dont la bouche était encore pleine de sang… L’histoire de nos ancêtres, vois-tu, nous a appris à découvrir de bien grands mystères. Rien ne nous étonne et nous ne cessons de chercher à comprendre le sens de tout ce qui nous entoure…

« Les Inuit, ajoute Pualuna, en observant avec leurs pauvres moyens, ont compris que les choses sont reliées, dépendantes les unes des autres. Rien ne nous inquiète plus, nous autres Inuit, que d’interférer dans cet ordre naturel. Aussi veillons-nous à seulement nous y glisser, sans en modifier le cours. Il est interdit aux chasseurs de manger en juin les œufs des oiseaux malemuk, s’ils n’ont, au préalable, chassé dans l’année un exemplaire de tout ce qui vit sur terre et sur mer. Et puis il y a beaucoup d’autres allernesuit (tabou, ce qui est absolument interdit).

« Comment devient-on angakkoq ? Par une inspiration : l’esprit familier vous parle.

Après…, il y a beaucoup d’épreuves solitaires ; un autre angakkoq vous enseigne le vaste savoir et le grand parler. Nous pensons que les esprits se transportent en d’autres mondes et,sauf exception, nous ne les revoyons pas. Dans certaines occasions particulières, ils se transforment en oiseau, en phoque ou habitent un de ces animaux… On ne connaît pas de limites à ces transformations. Uutaaq t’aurait expliqué ces choses. Tu lui en parleras lorsque tu passeras à Uummannaq. Lui aussi a été angakkoq…

Les esprits – chaque esquimau pense avoir un esprit particulier qui le protège,cependant que les Qivittut-Tupilat, ou esprits mauvais, cherchent à nuire à ceux qui ne savent pas s’en protéger – hantent les rêves de tous. Il n’est de semaine que tel ou tel ne me raconte des cauchemars infernaux qui le paralysent. Skaeunnguaq, profitant de ce que je suis seul, me confie avec une pauvre voix détachée qu’il rêve de temps à autre d’un Qivittoq à corps d’homme et à pieds de renne qu’Inukitsupaluk a rencontré avec Lauge Koch en 1923, en Terre de Polaris, à 800 km au nord de Thulé. « Dans le demi-sommeil, parfois, ces monstres horribles s’approchent de moi pour me saisir. J’en ai une peur panique ».  

Le bébé hérite, pensaient jadis les esquimaux – et certains le croient toujours confusément -, des qualités et des défauts du patronyme. Le nom est, en effet, comme une sorte d’âme qui met le nouveau-né ou l’adulte en communication immédiate avec le défunt patronyme. Aussi toutes sortes d’interdits et de règles se rattachent au nom : obligation d’assistance à son homonyme, etc. Le nom relie, allie. Un enfant portant le nom de son grand père ne sera pas dénommé « mon fils » par son père, mais « mon père », même s’il est en bas âge. Une fille à laquelle on aura donné le nom de son grand-père sera appelée par son père « mon père ». Deux Esquimaux étrangers par le sang, mais de même nom, sont affariik – c’est-à-dire moitié d’une même tout invisible – et se trouvent apparentés. Et ils s’obligent, de ce fait, à s’assister mutuellement. L’enfant porteur du nom d’un mort est bien le mort  réincarné ; l’esprit de ce mort aide l’enfant dans son adolescence. L’enfant a donc deux personnalités ainsi que l’explique clairement Stefansson, la sienne et celle du mort. Et ceci peut expliquer le comportement des parents en matière d’éducation. On ne peut critiquer un enfant, car c’est peut-être l’esprit du mort qui agit en lui. Ce n’est qu’à douze-treize ans que l’enfant est jugé adulte : on pense que l’esprit du mort se désincarne alors – que devient-il ? on ne sait – et l’enfant peut recevoir directement des ordres de ses parents ; auparavant, jamais ; seulement des suggestions.

Les Inuits n’ont pas peur de la mort, ils savent que l’esprit se reincarne. Ils sont très conscients des démons ou mauvais esprits :

La mort, s’il ne la souhaite pas, c’est parce que, justement, il aime profondément vivre ; mais il ne craint pas la mort en soi : « Quelle que soit la fin de toute vie ou qu’elle prépare à une autre vie, confie Uutaaq en 1916 à Rasmussen, de toute façon, pourquoi s’inquiéter ? » je le redis, ce que redoute l’esquimau vient des esprits des morts ou des mauvais esprits (toornat ou tupilat) qui peuvent apporter le malheur et les plus terribles souffrances précédant la mort. Le rêve est le moment le plus recherché par ces tupilat (qui  généralement ont de grandes oreilles, des espèces de cornes, de grandes dents en avant et des pattes griffues disproportionnées) pour annoncer leurs prochaines visites.

Le site de Jean Malaurie parle des shamans, des Inuits, et les défend : Site de Jean Malaurie