Le yoga intégral de Sri Aurobindo, ou Gnose.

aurobindo8

 

 

 

 

Quand on parle de Yoga intégral, selon la conception de Sri Aurobindo, on parle de la possibilité et de l’idéal de réaliser l’état d’être gnostique sur la terre.

Par Yoga, il s’agit du sens premier du terme hindou, (comme Aurobindo était hindou), qui signifie réaliser l’union entre l’humain et le divin. Dans ce cas, le divin est un plan divin nommé par Sri Aurobindo « supramental », ou « Gnose ».

Aurobindo est dans une conception évolutionniste. La vie évolue, la conscience des êtres vivants évolue, la matière aussi évolue.

La base de sa conception est hindoue. Comme il le disait, son but est tantrique, mais sa méthode est védique.

Dans sa conception, l’absolu existe. Il s’agit de l’être unique, dont toutes les formes d’existence sont des expressions involuées. Contrairement aux conceptions de Mirra Alfassa, dont la conception était dualiste, et plus proche des anciens gnostiques, car pour elle le « suprême « n’avait pas créé le monde vital ni physique, qui ont été créés « par accident » par une entité émanée de la source, mais qui s’en était séparé, et en conséquence à créé des valeurs inverses au plan divin originel, la vie est devenue la mort, la vérité le mensonge etc…

Aurobindo lui, conçoit que le divin ou être unique,  s’est involué non par accident, mais par nature, c’est-à-dire par expérimentation de lui-même.

N’a t’il pas dit «Qu’est-ce que Dieu après tout? Un enfant éternel jouant à un jeu éternel dans un jardin éternel. ”

De fait, pour l’Hindouisme, il n’y a qu’un seul être, il n’a donc pas d’opposé.

Quel fut donc le commencement de toute l’histoire? Une existence qui s’est multipliée pour la seule joie d’être et qui s’est plongée en d’innombrables milliards de formes afin de pouvoir se retrouver elle-même innombrablement.

Et quel en est le milieu? Une division qui tend vers une unité multiple, une ignorance qui peine vers le torrent d’une lumière variée, une douleur en travail pour arriver au contact d’une extase inimaginable. Car toutes ces choses sont des formes obscures et des vibrations perverties.

Et quelle sera la fin de toute l’histoire? Si le miel pouvait se goûter lui-même et goûter toutes ses gouttes à la fois, et si toutes ses gouttes pouvaient se goûter l’une l’autre, et chacune goûter le rayon tout entier comme elle-même, telle serait la fin pour Dieu, pour l’âme de l’homme et l’univers.

Toutes les religions ont sauvé un certain nombre d’âmes, mais

aucune n’a encore été capable de spiritualiser l’humanité. Pour cela, ce ne sont pas les cultes ni les credo qui sont nécessaires, mais un effort soutenu d’évolution spirituelle individuelle qui englobe tout.

Les changements que nous voyons dans le monde aujourd’hui sont intellectuels, moraux, physiques dans leur idéal et leur intention. La révolution spirituelle attend son heure et, pendant ce temps, fait surgir ses vagues ici et là. Jusqu’à ce qu’elle vienne, le sens des autres changements ne peut pas être compris; et jusqu’à ce moment-là, toutes les interprétations des événements présents et toutes les prévisions de l’avenir humain sont choses vaines. Car la nature de cette révolution, sa puissance et son issue sont ce qui déterminera le prochain cycle de notre humanité.

Sri Aurobindo.

Quand on parle de supramental, il s’agit d’un plan de conscience et d’une force spécifique. Il est inutile de l’intellectualiser, sinon de comprendre les bases.

Physique, vital, mental , surmental, supramental, sont les plans de conscience et les mondes décrits par Aurobindo.

Jusqu’à présent, selon lui, l’humanité n’a pas dépassé le surmental, qui est le plan des dieux. Ce que l’on nommait « Dieu », est le surmental. Or aucune religion, qui se basait sur le surmental, n’a jamais réussi ni à établir la paix sur la terre, ni à spiritualiser l’humanité. Pour Aurobindo, ceci est fait exprès, le plan divin vise à pousser l’humanité à une réalisation dans laquelle, chaque être accède à une divinisation consciente. Y compris la matière, en recevant la force supramentale, va se transformer en une autre substance, spiritualisée.

C’est là où il rejoint les anciens Gnostiques, car ils parlaient déjà de la « reintégration universelle », ce qui débouche sur le plan divin originel, ou chaque être devient conscient et vit dans l’immortalité consciente et individuelle.

Tout ceci pourrait n’être qu’un rêve idéaliste, si l’univers n’était que matière, mais chacun peut se spiritualiser et retrouver en lui-même son essence spirituelle métaphysique.

A partir de là, c’est un choix de participer pour trouver si il existe une force supramentale, et de la faire descendre dans le monde dit matériel pour le transformer.

Les dangers des plans intermédiaires :

Il existe en fait un état intermédiaire, une zone de transition entre la conscience ordinaire de l’esprit et la vraie connaissance du yoga. On peut y traverser sans se faire mal, percevant immédiatement ou à l’avance sa véritable nature et en refusant de se laisser tromper, ou s’installer dans cette zone intermédiaire, en prenant soin de ne pas aller plus loin et de construire là une demi-vérité qui on prend pour toute la vérité ou on devient l’instrument des pouvoirs de ces plans de transition – c’est ce qui arrive à beaucoup de sadhaks et de yogis. Accablés par la première poussée et le sentiment de puissance d’une condition supranormale, ils sont éblouis par un peu de lumière qui leur semble une formidable illumination ou un contact de force qu’ils confondent avec toute la force Divine ou tout au moins une très grande Yoga Shakti ( Puissance); ou bien ils acceptent un pouvoir intermédiaire (pas toujours un pouvoir du Divin) en tant que Suprême et une conscience intermédiaire en tant que réalisation suprême. Très facilement, ils finissent par penser qu’ils se trouvent dans la conscience cosmique complète lorsqu’il ne s’agit que d’une partie ou d’une partie de celle-ci ou d’un esprit plus grand, d’une puissance vitale ou d’une portée physique subtile dans laquelle ils sont entrés en connexion dynamique. 

L’esprit récepteur du sadhak comprend souvent ou retranscrit mal ce qui a été reçu ou jette jusqu’à se mêler à ses propres idées, sentiments, désirs, qu’il considère pourtant comme n’étant pas sa propre partie de la vérité. Il y a aussi le danger inverse qu’il devienne l’instrument d’une formation apparemment brillante mais ignorante; car ces plans intermédiaires sont pleins de petits dieux ou de puissants Daityas ou d’êtres plus petits qui veulent créer, matérialiser quelque chose ou imposer une formation mentale et vitale dans la vie sur Terre et sont désireux d’utiliser ou d’influencer ou même de posséder la pensée et la volonté du sadhak et en faire son instrument à cet effet. Quiconque se laisse prendre par l’un de ces êtres, qui prend souvent un nom divin, se perdra dans ce yoga. Sri Aurobindo.

Nécessité de contacter une puissance supérieure 

La force de vie dans le vital (qu’on nomme astral, dans l’occultisme occidental) est l’instrument indispensable à toute action du pouvoir divin sur le monde matériel et la nature physique. Ce n’est donc que lorsque ce vital est transformé et devient un instrument pur et puissant de la divine Shakti, qu’il peut y avoir une vie divine. Alors seulement peut-il y avoir une transformation réussie de la nature physique ou une action divine libre et perfectionnée sur le monde extérieur. 

Il faut toujours garder présent à l’esprit que l’être vital et la force de vie dans l’homme sont séparés de la Lumière divine et, ainsi séparés, sont un instrument pour tout pouvoir qui peut les saisir, qu’ils soient illuminés ou obscurs, divins ou non. Ordinairement, l’énergie vitale sert les mouvements communs de l’esprit et de la vie humaine, à la fois obscurs ou à demi conscients, avec ses idées, ses intérêts, ses passions et ses désirs normaux. Mais est-il possible que l’énergie vitale augmente au-delà des limites ordinaires et, si elle l’est autant, elle peut atteindre un élan, une intensité, une excitation ou une sublimation de ses forces par laquelle elle peut devenir, devient presque nécessairement un instrument de pouvoirs divins, pouvoirs des dieux ou des forces asuriques (démoniaques). Ou, s’il n’y a pas de contrôle central établi dans la nature, son action peut être un mélange confus de ces contraires, ou dans une oscillation sans conséquence servir maintenant l’un et maintenant l’autre. Il ne suffit donc pas d’avoir une grande énergie vitale agissant en vous; il doit être mis en contact avec la conscience supérieure, il doit être soumis au vrai contrôle, il doit être placé sous le gouvernement du Divin. C’est pourquoi il est nécessaire de s’ouvrir à l’inspiration et au pouvoir à partir d’une source supérieure. L’énergie vitale par elle-même ne mène nulle part, elle court dans des cercles maquillés, souvent douloureux et ruineux. Elle doit être connectée au pouvoir dynamique de la conscience supérieure et à la Force divine agissant à travers elle dans un but vaste et lumineux. il doit être soumis au vrai contrôle, il doit être placé sous le gouvernement du Divin.

Sri Aurobindo.

Parler du Supramental est une chose, mais la plupart des gens font un fantasme à propos  de cela et on voit toutes sortes de conférenciers et gourous naîtrent dans le monde à cause de cela.

Actuellement sur la terre, il y a un combat dont peut d’humains sont conscients. A voir ceux qui pourront rester en contact avec des forces de lumière authentiques ou se soumettre à l’Asura, que Mirra Alfassa nommait « celui qui se fait appeler  le seigneur des nations ».

Pour trouver la force supramentale, et ne pas s’égarer dans des zones intermédiaires, mieux vaut essayer d’entrer en contact avec Aurobindo directement.