Lucifer et la cosmologie perse

Je veux revenir sur le mythe de Lucifer, parce que je rencontre souvent des personnes qui croient que Lucifer est le nom du diable.

Jérôme de Strabon était traducteur de le bible, et il a eu un conflit avec un évêque qui avait pour prénom Lucifer.

A ce moment là, Lucifer était un prénom courant. Il s’agit de Vénus, en tant que planète, pas la déesse. Jérôme de Strabon, pour se venger de cet évêque, a mis Lucifer à la place de Satan.

Il n’y a pas d’ange déchu ou de démon qui s’appelle Lucifer.

Mais suite à cette « blague » assez tendancieuse, le nom d’une planète en est venu à être confondu avec le démon. Il y a eu tellement de confusion, que c’est devenu une culture, qui si on rectifie le sens, entrainerait une catastrophe pour ceux qui ont batit des théories entières sur cette erreur.

Les satanistes ont créé des groupes d’adorateurs de Lucifer (qui n’existe pas), et l’Anthroposophie repose sur la théorie pseudo gnostique du combat entre les forces arhimaniennes et lucifériennes,  les forces démoniaques étant celles d’Arhiman.

Arhiman ou Arha (Angra) Manyu est l’esprit du mal. Ahura Mazda était le dieu suprême, et il avait créé Arha Manyu et Spenta Manyu, le dieu du bien, deux principes opposés qui s’affrontaient.

Il est dit d’Ahriman, qu’il est le responsable de la création matérielle, qu’il est le père de l’illusion et de l’erreur, du mensonge cosmique, l’esprit trompeur, l’esprit des Ténèbres, du Mal et de la mort.

On reconnaît l’origine de tous les groupes gnostiques et les bases de la culture chrétienne, toutes ces traditions qui ne sont que des déformations de la tradition originelle.

A noter que dans la tradition perse, daeva est le démon et est inversé dans l’Inde, deva est le bénéfique, le nom Dieu en occident dérive du terme daeva perse, qui signifie le contraire.

L’archidémon Angra Mainyu vit dans les ténèbres du Nord, foyer de toutes les forces du Mal. Il peut abandonner son apparence extérieure pour prendre celle d’un lézard, d’un serpent ou d’un jeune homme. Ainsi déguisé, il combat tout ce qui est bon et tente d’entraîner tout le monde –jusqu’à Zoroastre lui-même- dans son univers d’obscurité, de tromperie et de mensonges. (Mythes perses, V. S. Curtis, p.21)

Dans le mythe perse, Ahura Mazda ne peut pas vaincre Angra Manyu, et l’un et l’autre dominent par périodes, selon les époques.

On retrouve le premier couple humain, Mashya et Mashyane, qui sont repris dans le mythe biblique en Adam et Eve, qui subissent le même sort.

Les textes initiaux du zoroastrisme nous disent qu’au commencement, Spenta Mainyu et Angra Mainyu étaient des jumeaux nés d’Ahourâ Mazdâ. Mais les textes datant de la période moyenne du zoroastrisme considèrent Spenta Mainyu et Ahourâ Mazdâ comme une force unique, introduite dans les textes pehlevis comme Ormazd. Celui-ci est donc l’un des jumeaux nés d’un père unique. Selon les croyances zurvanistes, Zurvan est le père d’Ormazd et d’Ahriman. Un regard attentif sur ce mythe nous révèle que Zurvan a créé de lui-même les deux forces du Bien et du Mal. Dans la dialectique zurvaniste, l’existence de chacune de ces deux forces nécessite celle de son opposé. Dès lors, il n’est pas possible de créer Ormazd sans Ahriman.  Cela est expliqué avec précision dans le mythe de la genèse : le monde matériel est fondé sur le mouvement et le changement, qui n’ont pas lieu dans le monde stable et permanent d’Ormazd. Ainsi, Zurvan crée Ormazd pour que celui-ci devienne le créateur. Mais il doute de la possibilité de cette naissance, et Ahriman surgit de ce doute, et devient lui-même un créateur. Il entreprend la destruction des signes d’Ahourâ. Ainsi, le mouvement et le changement apparaissent, et avec eux la lumière et les ténèbres, la vie et la mort, le Bien et le Mal, et le monde matériel avec ses propres lois voit le jour. Pourtant, Zurvan est cité dans quelques textes comme un dieu-père qui ne joue pas de rôle actif dans les affaires du monde et des gens.  Dans ce cas-là, Ahourâ Mazdâ incarne le dieu créateur qui a recours à Zurvan et

En conclusion, une simple blague induit toute une « civilisation » en erreur, sans que l’on puisse corriger cette erreur de mot.